mercredi 2 décembre 2015

Fantasioso, numéro 29 (Rétro 2015)

C'est le 15 août, jour toréable par excellence. Une date où les plus audacieux pourront toréer à deux endroits différents dans la même journée. Cette année, on compte à peu près 48 arènes actives en Europe pour ce seul 15 août. En France, il y a des toros à Bayonne, Béziers, Roquefort-des-Landes, Saint-Rémy-de-Provence, les Saintes-Maries-de-la-Mer, et en Espagne, entre autres, à Madrid, Cenicientos, El Puerto de Santa María, Gijón, Pontevedra, San Sebastián, Tafalla ou encore Valverde del Camino. Il faut forcément établir un choix entre toutes ces arènes, le plus dur étant celui de ne pouvoir assister à aucune de toutes ces courses.
A Dax, pour la corrida de l'après-midi, c'est le nom de Pedraza de Yeltes qui est à l'affiche. En 2014, la corrida de cet élevage avait été tellement brave et exceptionnelle que l'on aurait pu privilégier la thèse de l'accident. Mais Miralto, Bello et les autres n'étaient pas dus au hasard. De création récente, le fer de Pedraza de Yeltes démontre beaucoup de régularité aussi bien en corridas qu'en novilladas. Il est issu de l'encaste Domecq, l'origine la plus convoitée par les toreros, parce qu'elle est celle qui offre le plus de noblesse au troisième tiers. Pour le reste, tout dépend de la sélection que l'on en fait et les objectifs poursuivis. Chez Pedraza de Yeltes, cela semble être la bravoure, la caste et l'émotion. Samedi 15 août 2015, deuxième venue des toros de Pedraza de Yeltes à Dax, et peut-être de quoi trouver son bonheur une fois de plus.

Si les corridas de 2014 et 2015 sont différentes, elles sont d'une intensité similaire. L'émotion est encore au rendez-vous. Si puissante qu'avant même l'entrée du dernier toro, on en a déjà beaucoup vu, et les cuadrillas en piste semblent éprouvées et épuisées.
Le sixième toro, Fantasioso, numéro 29, possède un pelage tout noir. Il entre au pas, puis frappe très fort contre le burladero. Par sa seule présence, il va animer les discussions pendant les heures, les semaines et les mois après la corrida. Sa particularité aura été d'avoir empêché le picador de faire plus de trois mètres sur le sable dacquois. Certains diront que le toro était aimanté par le cheval, tandis que d'autres affirmeront qu'il était possible de placer la cavalerie à un endroit plus propice, de l'autre côté du toril. A la première pique, l'équipage est renversé par la bravoure et la puissance de Fantasioso. Au total, ce seront quatre rencontres intenses et mouvementées, dont une avec seulement Alain Bonijol comme rempart de l'autre côté du cheval, faute de picador, auparavant désarçonné. Le désordre en piste, mais pas celui du toro manso qui irait naviguer d'un endroit à l'autre de l'arène. Non, Fantasioso est un toro très brave, et il le montrera de la première rencontre face à Manuel Burgos jusqu'à la fin du combat. L'image la plus saisissante étant son regard fixe face au cheval, une proie qui ne lui a échappé à aucun instant. A la fin de la corrida, Alain Bonijol et les six picadors seront appelés à saluer. Le lendemain, dans le journal Sud-Ouest, la Une montrera une photo de tiers de piques avec en titre "Le triomphe du toro de combat". Les Pedraza de Yeltes, une fois de plus, étaient passés par là. Six toros braves, mobiles, encastés, et deux tours de piste, pour Burredor et Fantasioso. Mettons une pièce sur celle de 2016.

Florent

(Image d'Olivier Viaud : "Fantasioso", n°29, de Pedraza de Yeltes)

1 commentaire:

  1. Que l'on m'explique pourquoi cette ganaderia n'a pas reçu l'oreille d'or du prix Clarin? et que l'on m'explique pourquoi l'avoir décerné à Fuente Ymbro!

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