jeudi 31 décembre 2015

Tempus fugit (Rétro 2015)

À Florian,

Resteront en mémoire plus que de bons souvenirs. À un de ces quatre, j'ai envie de te dire, parce que je n'aime pas dire au revoir. Le sentiment que l'arbitre a donné trop tôt le coup de sifflet final, là, dans les arrêts de jeu de la saison 2015. A bientôt oui, comme on se l'était dit à Saint-Sever le mois dernier.
Toi et Mathieu êtes les deux premières personnes que j'ai eu la chance de connaître à Mont-de-Marsan. Là où en sortant de la gare, on tombe inévitablement sur le Plumaçon. Je t'écris, et j'ai le sourire en pensant au tien, à ton état d'esprit, à ton afición. La Madeleine du Plumaçon, tu la rêvais avec chaque jour des fauves et trois torerazos pour se mesurer à eux, en bas, sur le sable. Je me souviens de ton air moqueur les années où les affiches venaient à être un peu light. Tu aimais la façon dont Campos y Ruedos, et d'autres, évoquaient au second degré les dérives de tes arènes. Cela te faisait bien marrer. Je me souviens de ton "est-ce bien sérieux ?", qui revenait de manière récurrente. Comme l'année où ils ont osé faire, pour la Madeleine (!), une corrida avec un rejoneador et deux toreros à pied. Ô sacrilège tu avais dit, ailleurs peut-être s'ils le veulent, mais pas à Mont-de !
Tu dois te douter que pour nous, revenir au Plumaçon sera désormais très différent. Est-ce bien sérieux ? Mais ton départ marquera également tant d'autres endroits où tu jouais à l'extérieur. Entre autres, Vic-Fezensac, Parentis, Ciudad Rodrigo, où tu aimais courir l'encierro, sentir le frisson, de ces cornes qui poursuivent et passent à quelques centimètres.
Pour toujours, cette immense sympathie restera, avec aussi la véracité dans chacune de tes phrases. Quand quelque chose ne te plaisait pas, tu le disais et ne cherchais jamais d'échappatoire.
L'autre jour, alors que tu étais tout seul au cartel, un peu comme pour un seul contre six, tu as peut-être remarqué qu'il y avait le "No Hay Billetes". Le plein à craquer, juste pour toi.
Aux arènes, tu aimais bien le silence. Le même que celui de chez Malabat, à Brocas-les-Forges, dans la forêt de pins, où demeurent les cornus noirs et blancs d'origine Atanasio. Loin du brouhaha, tu avais beaucoup d'affection pour cet endroit-là.
Si on en revient à cette histoire de musique, tu préférais les faenas silencieuses, âpres et intenses, où l'on entend seulement la rumeur sur les gradins. Musique à dose raisonnable, avec parcimonie, qu'il faut savoir garder en de rares et grandes occasions. Gallito, mais aussi Oliva de la Frontera, le jour du faenón de Sergio Aguilar au Plumaçon face à un toro de Fuente Ymbro. Et puis, Martín Agüero aussi, ça c'est quand même un truc de torerazo ! En pensant à toi, j'ai dû l'écouter approximativement 250 fois ces dernières semaines. Est-ce bien sérieux ?
Entre sourires et souvenirs, l'arbitre a vraiment sifflé trop tôt la fin du match. C'était un 6 décembre. J'aimerais dire à ce con d'arbitre qu'il nous laisse les prolongations, les tirs au but, la troisième mi-temps, et bien au-delà encore.

Impossible d'oublier ton visage d'éternel jeune homme, toujours impeccablement rasé, ton sourire, ta gentillesse, ton humour. En 2016, et même après, chacun de nos périples vers les arènes sera marqué par tant d'images de ta personne. Un jeune homme pour l'éternité, portant fièrement ses 34 printemps. Pour le temps qu'il nous reste, aux arènes, dans les rues, et partout ailleurs, nous continuerons à cultiver ton état d'esprit, avant la course, sur les gradins, et au bout de la nuit.

Florent

2 commentaires:

  1. SLT FLORENT J VIENS DE LIRE TON POST HOMMAGE A UN AMI JE NE PEUT PAS METTRE UN VISAGE SUR CE PRENOM PEUT TU NOUS EN DIRE PLUS JPS

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  2. https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10153183895745952&set=a.70314155951.89440.539800951&type=3&theater

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