dimanche 31 janvier 2016

Vingt ans

C'est déjà l'aube d'une nouvelle saison. Aussi loin que je me souvienne, c'est à cet endroit que tout commence. A côté de ce qui au fond n'est qu'une statue, mais qui a tout de même son importance. Une statue qui, vingt ans plus tard, revient de temps à autres dans l'actualité pour des raisons que l'on préférerait éviter.
Une statue devant laquelle, de nuit, certains viennent pour balancer de la peinture. Comme si le fait de dégrader ce monument pouvait salir l'histoire et la légende de celui qu'elle représente. Il y a vingt ans, je n'aurais jamais pensé me retrouver dans une époque où souhaiter la mort de quelqu'un, ou s'en réjouir, serait une pratique répandue. Le nec plus ultra d'une certaine médiocrité, dépourvue de toute morale.
Il y a vingt ans, déjà, on entendait dire que la corrida n'en aurait plus pour longtemps, et qu'elle ne passerait pas le cap de l'an 2000. On disait que Bruxelles, l'Europe, allaient faire disparaître ce champ culturel. Vingt ans plus tard, pas mal de voyants sont au rouge, mais pas pour la corrida qui est toujours là en France, et qui contrairement aux messages les plus pessimistes, se porte plutôt bien, ne serait-ce que dans son aspect global. Il n'y a jamais eu autant de corridas dans notre pays que depuis le début des années 2000. Attention tout de même aux prix pratiqués, de façon à ce que la corrida reste encore accessible au plus grand nombre. Non, les voyants qui sont au rouge, ils concernent des choses du quotidien, rendant cette époque pas forcément réjouissante. C'est le moins que l'on puisse dire.
A Nîmes, cette statue pourrait représenter n'importe quel torero. Dans beaucoup d'arènes, il y a des plaques, avec des faits marquants, des dates, des souvenirs, des noms de toreros, et parfois aussi des statues. Celle-ci, c'est Nimeño qu'elle évoque.
La statue ne ramènera jamais le torero ou l'homme. Même si elle n'est qu'un bien parmi d'autres sur le domaine public, elle reste quand même une évocation forte. Un symbole, que certains aimeraient voir disparaître. Certains, de ceux qui se sont questionnés peut-être un quart d'heure tout au plus dans leur vie à propos de la corrida. A fortiori, sans connaître l'histoire de cet homme.
Quand j'ai découvert cette statue, cela faisait deux ans tout juste qu'elle était là. A cet âge-là, il y a énormément de choses que l'on ne réalise pas. Souvent, les statues sont en hauteur, inaccessibles. Celle-ci est au sol. Et elle donne envie de se passionner, de savoir, et de connaître toute cette histoire. Quelque part, sans cette évocation, la passion ne serait pas la même, certainement pas aussi forte. Et elle rappelle pour toujours cette référence qui nous rassure.

Florent

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