mercredi 10 février 2016

El Tortuga

Dimanche 7 février. Sur le continent Américain, on dénombre ce jour-là beaucoup de courses... ainsi que le Super Bowl ! Du foot US, un sport insipide, aussi haché qu'une barquette de lasagnes de chez Spanghero. Il est difficile pour nous, de culture européenne, de nous passionner pour ce sport dont les mouvements sont si rapidement stoppés. Il n'empêche que ses promoteurs ont fait du Super Bowl un événement planétaire. Les plus courageux, paraît-il, ont été jusqu'à attendre l'intermède, afin de regarder Beyoncé se trémousser dans tous les sens. Il ne fallait vraiment avoir rien d'autre à faire à cette heure-là.

Côté arènes, une accumulation de corridas sur lesquelles il vaut mieux ne pas être trop regardant. Des vedettes, et en face, des toros trop petits, minuscules, ridicules. Comment défendre la corrida avec des toros annoncés aux alentours de 450 kilos, qui en pèsent en réalité cent de moins, et n'ont probablement pas l'âge réglementaire ?

Aux arènes d'Ambato (Équateur), à la fin du combat du troisième toro de Mirafuente, destiné à Andrés Roca Rey, un banderillero se retire de la profession. On lui remet un prix, et il est même promené en triomphe tandis que la corrida n'est pas terminée !
Ce banderillero, c'est Neptalí Caza "El Tortuga", né en 1954. Très populaire dans les arènes de son pays, il doit son surnom à ses retards au travail quand il était plus jeune, dans une imprimerie. La fermeture des arènes de Quito il y a quelques années a un peu plus éloigné l'Équateur du reste du monde taurin. Les arènes d'Iñaquito, sa feria du début du mois de décembre, et les avions qui passaient juste au-dessus des gradins, étaient quasiment la seule vitrine de la tauromachie en Équateur.

El Tortuga, 62 ans, a la particularité de ne mesurer qu'un mètre cinquante. Cela ne l'a pas empêché de faire une longue et belle carrière, qui le vit même sortir en triomphe en 1984 à Quito, avec Víctor Mendes. En Europe, il a fait des apparitions remarquées. Notamment le 7 septembre 1996 (chez nous) à Dax, lors d'une corrida avec des toreros de sept nationalités différentes. Venu ce jour-là avec le jeune matador équatorien Carlos Yánez, il avait officié en musique, recevant une très forte ovation, après avoir posé les banderilles face à un toro de Cuadri plus grand que lui ! Il existe sur internet une séquence vidéo de ces instants. Cette corrida de Cuadri avait d'ailleurs été primée en fin de saison, tandis que l'élevage avait déjà reçu le prix au meilleur toro de la San Isidro 96.

L'année suivante, en septembre 1997, les organisateurs de Dax avaient fait une corrida similaire, avec cette fois des toros de Baltasar Ibán. A cette occasion, c'est Antonio Ferrera qui avait invité El Tortuga à banderiller avec lui.

Florent

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire