dimanche 22 mai 2016

Te parler de Vic

À toi, l'ami Montois, jaune et noir dans le rugby, bleu et blanc dans la fête. Le week-end dernier, c'était Vic, un rendez-vous incontournable de la saison, une grande étape de cette temporada qui continue.
De Mont-de-Marsan, tu ne connais guère de rivalité avec Vic, ce petit village du Gers. Je t'ai déjà entendu parler, avec une saine jalousie, des corridas de Vic, de ses toros, de son esprit. Bien sûr, au Plumaçon, il y a aussi de temps à autres de grandes et sérieuses courses, même si la politique taurine y est complètement différente.
J'ai pensé à ce rendez-vous habituel du côté de Vic. Un fief. J'ai pensé aussi à ces longs mois qui passent, difficiles dans les heures tardives, à ce toro sur ta route, à ce putain de toro sur ta route. Un toro dont j'aimerais qu'il soit refusé dans toutes les arènes et par toutes les commissions taurines au monde. Un toro sournois qui fout plein de coups de corne au destin : figuras, futurs prodiges, aficionados, amis. Pêle-mêle : Antonio José Galán, Valente Arellano le jeune mexicain, et aussi toi mon ami.
Cette année à Vic, les toros étaient fort respectables et bien présentés. Le souci majeur est venu des corrales, où de la pelouse avait été mise en place il y a quelques mois. Mais la pelouse est devenue boue, et au total, six toros pendant la feria ont perdu des ongles de leurs sabots. Aucun d'entre eux, cependant, ne s'est affalé au sol. Mais c'est quand même beaucoup pour cette histoire de corrales. On aurait pu titrer "gazon maudit".
Le samedi soir, c'était les Baltasar Ibán, avec une corrida sérieuse, armée, et plusieurs toros typés Pedraza de Yeltes. Une course de premier tiers, très intéressante face au cheval. Le torero le plus en vue, à la grande surprise, ce fut Curro Díaz. Un torero léger, qui fait les bordures, calque un peu le modèle de Juan Mora, mais place en tout cas des estocades fulgurantes. Je n'ai jamais été fan, mais c'est peut-être l'un des meilleurs avec l'épée à l'heure actuelle, et il pourrait donner des cours à certains plus hauts gradés dans le vedettariat. Et la course d'Ibán n'a en tout cas jamais été facile pour les toreros.
Dimanche matin, la corrida-concours, le superbe combat du toro de Los Maños face à Javier Cortés, le plein d'émotion. Un toro très intéressant, exigeant, et à l'ancienne de Hoyo de la Gitana, et un brave de chez Pedraza de Yeltes. L'après-midi, les Valdellán ont un peu déçu. On a vu le sens de la lidia de Domingo López-Chaves, et les très beaux gestes de José Carlos Venegas, qui s'il manque de pratique avec un faible nombre de contrats, possède vraiment quelque chose. Et puis, il y avait le jeune César Valencia, qui remplaçait Lamelas, le héros de Vic. Pas de chance pour Valencia, qui a dû être emmené à l'infirmerie après avoir été pris par le sobrero de Valdellán, un manso qui l'attendait au coin du bois.
La corrida de Victorino Martín du lundi avait eu beaucoup d'écho après la corrida de Séville et le fameux indulto. Pour sûr, ni aficionados ni toreros ne s'attendaient à une telle sortie des Victorinos sur le sable de Vic. Des toros âgés, imposants, durs, qui cherchaient les chevilles, chassaient les toreros pendant les faenas, et ne permettaient aucune erreur. Paco Ureña est celui qui s'y est le plus mis, et il a malheureusement fini à l'infirmerie.
Lundi soir, fin de feria. À ma gauche, sur les gradins, j'ai vu les Aturins, leurs belles gueules, et le beau drapeau de leur afición qui flotte désormais fièrement du côté de chez eux. J'ai espéré t'y voir aussi, assis là-bas, près d'eux, comme chaque année.

Florent 

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