jeudi 2 juin 2016

Aujourd'hui, c'est Cuadri

Hier, corrida de Beneficencia, arènes pleines, guichets fermés. Des toros des fers de Victoriano del Río et Toros de Cortés. Pas un grand lot de toros, on a vu pire et aussi meilleur dans cet élevage, y compris à Las Ventas. D'ailleurs, si Victoriano del Río se voit proposer deux corridas l'an prochain pour la feria de San Isidro, il peut en grande partie remercier les toreros d'hier. Les toros, eux, ont été variés, nobles, parfois justes de forces. Des toros comme le cinquième peuvent laisser une impression de déjà vu, comme s'il y en avait eu des centaines par le passé. Dimanche, "Camarín", le deuxième Baltasar Ibán, également d'origine Domecq, était plus marquant par sa force et sa personnalité dans sa charge.
Hier donc, une tarde de toreros surtout. La prestation de López Simón au troisième toro fait partie de celles pour lesquelles une oreille semble être un trophée insuffisant tandis que deux paraissent constituer une récompense excessive. La présidence a tranché, en donnant deux pavillons à López Simón. Un jeune torero, qui par sa décision, peut en envoyer beaucoup d'autres de la génération précédente à la retraite. Manzanares a dû se sentir au pied du mur à cet instant-là, et a ainsi retrouvé son meilleur niveau face au cinquième toro. Deux estocades marquantes et dans des styles différents hier après-midi, le volapié à pile ou face de López Simón au troisième, et le recibir de Manzanares au cinquième.
Et aujourd'hui, 2 juin, c'est au tour de la corrida de Cuadri. Cinq ans après une grande corrida de cet élevage, le 2 juin 2011. Les toros avaient impressionné tout au long de la course, de leur entrée en piste jusqu'à la fin de leurs combats. Et puis, il y avait eu la rencontre entre Iván Fandiño et le cinquième Cuadri, "Podador", un tonton de 631 kg qui venait avec énormément de transmission dans sa charge. Fandiño, à ce moment-là, c'était la révélation, l'outsider dont le nom était sur toutes les lèvres. Beaucoup de courage, un toreo limpide et engagé. Fandiño avait perdu la Grande Porte avec l'épée cet après-midi là, mais pas le respect du public. Nous étions environ 20.000 aficionados à nous lever pour l'acclamer lors de son tour de piste. Ce combat, face au grand "Podador" de Cuadri (pour lequel une partie du public avait demandé la vuelta) était mémorable.
Depuis, l'élevage de Cuadri a connu des difficultés. Il ne peut pas miser sur une dizaine de corridas annuelles, mais seulement sur trois ou quatre, car c'est le maximum que puisse fournir la ganadería. Et puis, il y a ce monsieur, Fernando Cuadri, humble, un grand ganadero, qui mériterait aujourd'hui que ses toros ravivent la légende de leur devise violette, jaune et blanche...

Florent

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