mardi 2 août 2016

Souvenirs d'une palmeraie

El Palmeral, devise bleue, verte et blanche, élevage situé à Arraute-Charritte, au Pays Basque, pas très loin de Bidache et Hasparren. Mais ça, c'était avant. Il n'y a pas si longtemps que ça.
Quelques années en arrière, la ganadería, alors gérée par Jean-François Majesté, Yves Bippus, et leurs amis, était fréquente dans les arènes du Sud-Ouest. Se rendre chez El Palmeral, découvrir toute la verdure aux alentours, la belle plaza de tienta, et les toros sérieux dans les champs vallonnés, cela faisait quelque chose ! Paysage impressionnant l'hiver aussi, où l'on pouvait deviner des silhouettes de toros derrière la brume. Des toros au plus profond du Pays Basque.
Pas n'importe quels toros, puisqu'ils sont d'origine Atanasio Fernández – Comte de la Corte, et proviennent de l'élevage d'Antonio Ordóñez. La première fois que les Palmeral sont sortis dans une arène, c'était pour une novillada à Ronda ! Les anciens responsables de l'élevage ont beaucoup travaillé, rigoureusement, pour atteindre des résultats intéressants avec une origine qui l'est tout autant. Car un Palmeral, sur le papier au moins, peut avoir beaucoup de similitudes avec un Dolores Aguirre.
De bons souvenirs. Un novillo vainqueur lors d'une novillada-concours à Soustons face à cinq prestigieux élevages espagnols, et une non piquée aussi, solide, il y a dix ans à Floirac, sous une pluie battante et devant cinquante personnes à tout casser. Des erales respectables, qui avaient été combattus par la "pareja" de l'époque en non piquée : Marco Leal et Julien Dusseing "El Santo", devenus aujourd'hui banderilleros.
Il était donc surprenant, six ans après le changement de gestionnaires, de voir le fer d'El Palmeral annoncé ce dimanche pour une novillada à Beaucaire. D'autant que de nombreux souvenirs pouvaient faire croire à un succès.
Malheureusement, il n'en fut rien. Entrée confidentielle, novillada longue et ennuyeuse. Les novillos d'El Palmeral, de peu de présence, ont été faibles, mansos, et ont manqué de fond. Seules leurs armures astifinas et impeccables avaient de quoi donner satisfaction. Peu de choses à la pique, avec par ailleurs un choix étonnant de la cavalerie de mettre des chevaux très lourds par rapport au gabarit des novillos. Manolo Vanegas et Tibo García ont montré de l'envie et du sérieux, mais le bon usage des aciers leur a fait défaut. Dans la cuadrilla de Tibo García, on pouvait justement apercevoir El Santo, qui avait eu à lidier pas mal de novillos d'El Palmeral en tant que novillero quand la ganadería était encore basée dans le Sud-Ouest.
À Beaucaire, il y avait également Sebastián Castillo, le vénézuélien découvert à Céret. Avec de la volonté, du courage, mais sans métier ni recours. Il eut en sixième position une belle opportunité avec un novillo brave en deux piques, et très bon dans la muleta. Mais faute d'expérience et de moyens, Sebastián Castillo dut rendre les armes, au pied du château.
De tout l'après-midi, la seule consolation que l'on pouvait revendiquer était de savoir que le fer d'El Palmeral, s'il est désormais délocalisé du côté des Bouches-du-Rhône, existe encore.

Florent

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