vendredi 23 septembre 2016

Floirac

Demain, 24 septembre. Les dix ans de la dernière corrida célébrée aux arènes de Floirac, face à Bordeaux, de l'autre côté de la Garonne. De nombreux souvenirs à cet endroit, la plaza dite la "plus au Nord du monde" de 1991 à 2006. Toute en fer, elle était située entre un stade de rugby et des immeubles. Ce dimanche 24 septembre 2006, la dernière journée taurine s'était ouverte le matin avec une novillada sans picadors de la famille Jalabert pour le colombien Santiago Naranjo et le biterrois Tomás Cerqueira. Le cartel de l'après-midi n'avait rien de particulièrement attrayant. L'empresario, Alain Lartigue, avait par ailleurs concocté une corrida avec trois élevages différents sans qu'il ne s'agisse d'un concours. Deux toros d'Antonio Bañuelos (un élevage toujours fréquent à l'heure actuelle dans les arènes de l'organisateur bayonnais), deux d'Andrés Ramos et deux de Mercedes Pérez-Tabernero. Les trois toreros à l'affiche : Sánchez Vara, Julien Miletto et Mehdi Savalli. Une corrida peu passionnante, puisqu'il ne s'était rien passé d'extraordinaire, mis à part le toro "Dibujoso" d'Andrés Ramos qui avait failli atterrir dans les gradins après un saut ! Il y avait ce jour-là tout de même 3.000 personnes assises sur lesdits gradins. Preuve qu'il existe dans la région bordelaise un noyau important d'aficionados.
Pour cette corrida, il n'y avait pas eu de cérémonie particulière, alors que tout le monde savait pertinemment que ce serait la dernière. Une arène de 7.200 places, dont le nom était "Plaza de Goya" (la résidence érigée à l'heure actuelle à l'emplacement du ruedo porte par ailleurs ce nom). Démontée peu de temps après cette corrida, la grande arène fut mise aux enchères. Il y avait, à Floirac, un projet faramineux avec une arène de 10.000 places (avec toit amovible, sur le modèle de San Sebastián et Logroño), succédant à celle-ci. Mais le projet ne vit jamais le jour.
A Floirac, il y eut donc des corridas au pied des immeubles depuis le 25 octobre 1987, et un cartel réunissant Ruiz Miguel, Nimeño II et Miguel Cubero (frère du Yiyo) face à des toros portugais de Samuel Lupi. Le travail afin de renouer avec la tauromachie à Bordeaux avait été difficile jusqu'en 87. Deux décennies plus tard, en 2006, ce fut la dernière corrida de Floirac, et un abandon sans même l'aide des antis-taurins. Triste adieu.
On pourra toujours dire que La Brède se maintient sur la carte taurine, 20 kilomètres plus bas. Mais Floirac, quelque part, c'était la dernière arène aux abords d'une grande ville française. Deux rendez-vous taurins par an, le premier en mai, et l'autre fin septembre, pour ce qui était traditionnellement la corrida de clôture de la saison française. Ce jour-là, Bordeaux a rejoint Marseille et Toulouse au rang des grandes villes aux arènes en sommeil.

Florent   

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