lundi 22 août 2016

En blanc et or

Histoire de costumes. En fonction des superstitions, certains toreros, parfois, se débarrassent des habits avec lesquels ils ont connu de mauvais souvenirs. Souvent des coups de corne. Certains le rangent, s'en défont, le refourguent, voire même, le font cramer et disparaître. C'est déjà arrivé.
Le costume blanc et or avec des broderies noires de son alternative, Thomas Joubert a décidé de le garder. Il l'utilise encore et le portait ce dimanche à Saint-Gilles. Cinq ans après son alternative d'Arles. Une alternative pas catastrophique du tout, mais avec un grave coup de corne à la clé. Un second adversaire de Garcigrande partant de vingt mètres en début de faena, et un torero littéralement cueilli, sérieusement blessé. Temps pluvieux et triste soirée. Aux portes de l'infirmerie, les larmes des gens d'Arles qui ont vu ce torero grandir.
Après cela, l'agenda a été assez peu fourni, et celui qui se faisait appeler "Tomasito" sur les affiches a décidé un jour de ranger les costumes. Courte carrière aurait-on pu dire à ce moment-là. Car Thomas Joubert a toréé sa première non piquée en 2006, dans les anciennes arènes de Saint-Martin-de-Crau. Toujours dans la même catégorie, à l'été 2007 dans le Sud-Ouest, il s'est fait remarquer à de nombreuses reprises. Il a ensuite débuté avec picadors (coupant même une oreille à Madrid), changé plusieurs fois d'apoderados, et pris l'alternative début 2011, à Arles. Plusieurs années de retraite, un retour, et une carrière à rebondissements. Mais dans tous les cas, un espoir toujours vif du fait de sa torería et de sa façon d'être devant les toros.
Être torero français est à l'heure actuelle une arme à double tranchant. D'un côté, il est moins difficile qu'en d'autres temps d'intégrer les cartels, et d'un autre, il n'y a jamais eu autant de matadors français en activité. Jeu de la concurrence.
Ce dimanche, l'arlésien Thomas Joubert toréait à vingt kilomètres de chez lui, à Saint-Gilles. Un cartel intéressant, des toros que l'on n'avait jamais vu en France, de l'élevage de Mollalta (origine Torrealta), et deux intéressants compagnons de cartel : Iván Fandiño et Paco Ureña.
Cela ne devait pas spécialement être un jour important, mais à bien y regarder, l'affiche tenait largement la route. À l'heure où d'autres arènes gardoises font des entrées confidentielles, celle de Saint-Gilles repeuple ses gradins année après année. Et c'est déjà bien.
À vingt kilomètres de chez lui, Thomas Joubert tombe d'abord sur un toro couleur savon, brusque, et face auquel la tâche n'est pas franchement évidente. Le vent violent n'arrange pas les choses, mais le torero d'Arles pose les pieds au sol, multiplie les jolis enchaînements, frôle l'accrochage, mais y retourne pour des naturelles de face. Certains disent que c'est la mélancolie, le regard triste et la fragilité qui attirent chez ce torero. Ce serait une erreur de s'en tenir à ces seules considérations. La tristesse, loin de là, c'est surtout de la torería ! À longueur de saison, on voit des toreros ramer pour pouvoir transmettre, en regardant les gradins, et en prenant à témoin le public pour faire monter la pression. Des images qui parfois désolent et font de la peine. Il y a des toreros qui sont dans l'obligation d'utiliser ces recours, devant des toros qui transmettent peu.
Pour Thomas Joubert, c'est bien différent. Peu de regards vers le public, les yeux rivés sur l'adversaire. En silence, derrière les barrières, c'est Alain Montcouquiol qui le suit. Et l'ancien Tomasito est un torero stoïque, qui paraît beaucoup moins fragile qu'avant. Le sixième toro, "Estudiante", numéro 21, provoque une grande chute de la cavalerie et vient avec beaucoup plus de transmission que ses congénères. Thomas Joubert l'avait accueilli par delantales, en se le faisant passer près. Ce sera aussi le cas avec la muleta, parfois jusqu'à frôler l'accrochage, mais avec toujours le souci de toréer calmement. Il y a là des belles naturelles, et encore des muletazos cités de face. Autre faena inspirée, et qui ne pouvait être réalisée sans un grand courage. Le costume blanc et or est tacheté du sang de l'adversaire qui est passé près. L'estocade au second essai est efficace, le toro tombe, et les oreilles aussi. Triomphe serein, torero à suivre.

Florent

samedi 20 août 2016

Les tontons de Doña Dolores

"Ce que je vais dire peut paraître horrible, mais dans l'arène, je préfère que le torero souffre un peu avant d'obtenir le triomphe". Il s'agissait des mots de la ganadera Doña Dolores Aguirre Ybarra, disparue début 2013, et qui un jour avait été interrogée sur ses préférences en matière de toros. Souffrir, mais pas dans le sens où le torero vivrait un calvaire à la merci du coup de corne à chaque instant. Mais souffrir dans le sens de devoir consentir un véritable effort pour aller chercher le triomphe.
Toros en Tafalla. Mardi 16 août. C'est toujours un plaisir, à chaque fois, de voir ce nom annoncé sur une affiche. On aime ces toros, leur présence, leur force et leur sérieux.
En voyant sortir un à un du toril les exemplaires de Dolores Aguirre, il y avait de quoi être admiratif devant leur présence. Des toros de respect. Et de quoi se dire : comment est-ce possible qu'aucune grande arène française n'ait retenu ce lot pour clôturer sa feria ? Un lot superbe en trapío, et qui aurait pu être combattu dans n'importe quelle plaza.
Cette année, les grandes arènes de France et d'Espagne, sauf pour la novillada de Vic, ont boudé les toros de Dolores Aguirre, et c'est bien dommage. Mais ces tontons devaient bien sort quelque part. L'une des explications de la présence de ce sacré lot à Tafalla.
Tafalla, en Navarre, arène du Nord de l'Espagne. Une arène, un contexte et une ambiance à découvrir. Et les Dolores Aguirre : des toros pour toreros couillus. Si souvent dans les comptes-rendus, on cherche bien des détours pour ne pas avoir à mentionner cette formule, c'est bien celle-ci qui est la plus vraie.
Pour triompher du toro de Dolores Aguirre, il faut être en forme et se parer d'un grand courage. Les toros pour Tafalla ont été braves et puissants au cheval, mais ont eu droit à un traitement particulier de la part des picadors. Des piques rechargées et assassines. Mais rien n'y fit, et les piques honteuses et exécrables n'entamèrent pas la force de ces si beaux toros. Dans de grandes arènes, il n'y a pas si longtemps que cela, plusieurs lanciers de service auraient eu droit à une amende. Mardi, un seul d'entre eux avait une pique montée à l'endroit : Juan Antonio Agudo, dit "Titi".
Une épreuve de force à la pique, où les toros ont dominé, et poussé les chevaux sur de belles distances avec la tête fixe dans le caparaçon. Pendant le combat du sixième toro, on entendait au patio de caballos un début de rixe entre un picador et le patron de la cavalerie. On ne connaîtra probablement jamais le motif, mais la police est intervenue pour séparer les protagonistes ! Le charme de Tafalla où il se passe toujours quelque chose.
Si les toros de Dolores Aguirre sont bien plus intéressants que la moyenne des toros combattus dans les arènes à l'heure actuelle, c'est qu'ils possèdent une identité propre. Leur sang Atanasio Fernández – Conde de la Corte, la fierté de leur présence, leur force, leur combativité, leurs charges vibrantes avec une sensation de danger, et l'émotion qu'ils procurent.
Pour beaucoup de toros de Dolores Aguirre, on retrouve dans leurs assauts ce que les espagnols appellent la "bondad". Des toros exigeants, mais qui mettent vraiment la tête dans la muleta quand on fait bien les choses face à eux. C'est aussi pour cette raison qu'il y a encore quelques années, les toros d'origine Atanasio Fernández étaient moins rares face aux toreros vedettes.
De cette "bondad", c'est Alberto Aguilar qui en a le plus profité face au premier toro. "Cigarrero", rugueux et avec une charge forte du côté droit, et plus doux sur l'axe gauche. Aguilar a tiré face à lui les plus beaux muletazos de l'après-midi : des naturelles. Joselillo a pour sa part eu beaucoup d'envie, dans son style, celui d'un torero sans grâce, brut, mais avec beaucoup de courage. Et quant au navarrais Javier Antón, c'était sa toute première corrida de l'année, et la barre était trop élevée.
On retiendra particulièrement de cette corrida les deux paires de banderilles de José Otero face au sixième, le seul manso du lot. Et surtout, le cinquième toro, à l'image, "Caracorta", numéro 16, âgé de cinq ans, qui poussa le cheval sur vingt mètres à la première rencontre, puis cassa la pique à la seconde. Il distilla tout au long du combat une véritable caste. Celle des grands toros. Dans n'importe quelle arène française, où les toros sont mieux mis en valeur, ce "Caracorta" aurait très certainement été fêté par un beau tour de piste.

Florent  

jeudi 18 août 2016

Moreno of Silver

Saltillo dans la pinède. Enrique, le mayoral, est un personnage discret. Il a une allure tout droit sortie d'un western. Quand on lui évoque, Enrique se souvient très bien de "Diano", numéro 5, le bravissime novillo de la maison combattu en 2009 à Carcassonne. D'ailleurs, il ne dit pas "Diano", mais "el número cinco", et fait le signe avec les cinq doigts de la main. S'il devait un jour en sortir un autre du même genre, il est à parier qu'Enrique signerait immédiatement. À Carcassonne, c'est le modeste novillero colombien Jonathan Moreno Muñoz qui avait eu à affronter "Diano". Lui et sa cuadrilla avaient malheureusement échoué, connaissant une cuisante déroute. Un novillo exceptionnel à un moment et à un endroit où on ne l'attendait pas.
Dimanche 14 août, à Roquefort-des-Landes, il y avait une novillada de Saltillo, puisque c'est désormais avec ce fer que sont marqués tous les cornus de la maison Moreno de Silva. J'aime beaucoup cette arène, toute en bois, surnommée la "Monumental des Pins", un cirque ovale érigé au début des années 50. J'éprouve même une affection pour cette plaza, puisque c'est la première dans le département des Landes où j'ai pu assister à une course.
Dimanche, les Saltillo y ont envoyé du bois. Le matin déjà, on avait eu droit à une sérieuse novillada sans picadors de l'élevage français de Turquay, des erales complexes et exigeants, et face à eux, le courage de deux novilleros : Cristóbal Reyes et Antoine Madier.
L'après-midi, les six Saltillo, dans l'ordre : Vizcaína, Lominado, Rastrojero, Algabeño, Loquerito et Jardinero ont vendu chèrement leur peau. Avec leur superbe présence sur le sable de Roquefort, et malgré plusieurs armures abîmées, ils ont eu de la caste jusqu'au bout de leurs combats. Seize piques et deux chutes face à une cavalerie Heyral d'un bon niveau.
Il est toujours intéressant d'aller voir des lots de cet élevage, car il possède dans ses champs d'Andalousie des toros très intéressants. Ceux de Roquefort, aux pelages argentés, l'ont été tout particulièrement. Certainement l'une des novilladas les plus complètes de l'année.
Cela a commencé avec le premier, "Vizcaína", un très bon novillo face auquel le navarrais Javier Marín, bien que volontaire, a montré qu'il manquait de métier et de pratique. La réduction du nombre de novilladas et donc du nombre de postes en la matière n'est pas étrangère à ce type de constats. Celui qui possède un métier affirmé en revanche, c'est le vénézuélien Manolo Vanegas, et il coupa face au cinquième une oreille très méritée, car l'adversaire n'était pas facile, et lui fut sérieux, sincère, et engagé jusqu'à l'estocade.
C'est Guillermo Valencia qui a touché les deux novillos les plus remarquables de l'après-midi. "Rastrojero" tout d'abord, qui comme son nom l'indique était un frère du toro vainqueur de la corrida-concours de Vic en 2012. "Rastrojero" fut brave en trois piques, avec une chute de la cavalerie à la première. Un Saltillo encasté, et avec des possibilités dans la muleta. De la faena de Guillermo Valencia, ce sont de belles naturelles et une bonne estocade qui ont été à détacher. Oreille méritée là-encore. Cependant, Valencia s'engagea moins face au sixième, "Jardinero", charpenté et armé, et qui clôturait cette belle novillada. "Jardinero" aura été brave à la première de ses quatre rencontres au cheval, sortant de l'épreuve très châtié sans pour autant l'accuser, mais restant au final maître de la piste de Roquefort.
S'il est parfois décrié ou sujet à polémique, on attend chacune de ses sorties l'élevage de Joaquín Moreno de Silva avec impatience et espérances.

Florent  

dimanche 14 août 2016

C'est le Nord

La feria de Parentis avec trois novilladas, c'était le week-end dernier. Parentis, c'est le Nord. Mais pas au sens géographique du terme. D'ailleurs, cela fait un moment qu'il n'y a plus eu de corridas dans le Nord de la France, même si les archivistes pourront toujours trouver des corridas au Havre au XIXème siècle ou encore à Roubaix début XXème.
Parentis, c'est le Nord, au sens tauromachique du terme. Celui qui concerne traditionnellement les arènes du Nord de l'Espagne, axées sur un toro sérieux, et aux gradins festifs. On retrouve tout cela à Parentis. Une volonté de présenter des novilladas sérieuses, et un public hétéroclite. De l'aficionado lambda en passant par la banda bruyante qui a de quoi effrayer celui qui n'a jamais assisté à des courses de villages en Espagne. Et c'est normal, le silence traditionnel des arènes françaises est rompu à Parentis. La banda joue, gueule, boit, chante, et s'unit à chaque entrée de novillo pour vociférer "C'est plus gros qu'à Dax !". On s'y habitue avec les années.
Curiosité de Parentis ces dix dernières années : les grandes courses ont toujours ou presque eu lieu sous un sale temps. Les Raso de Portillo et Lamelas en 2007, avec une chape de plomb menaçante, les Murteira Grave sous la flotte en 2011, les Valdellán également sous l'eau en 2012, les Guardiola Fantoni en 2014, et bien entendu, le grand triomphe de Guillermo Valencia à l'été 2015 face à la novillada de Los Maños, sous un plafond gris impénétrable.
Cette année à Parentis, il faisait beau.
Certes, la réussite d'une feria tient à peu de choses, à des détails, et celle de 2016 n'échappe pas à la règle. Le samedi après-midi, la novillada de Los Maños (dont les novillos portaient une devise noire en mémoire de Víctor Barrio) avait moins de carrosserie que celle de l'an dernier, moins de combativité aussi, notamment au cheval. Néanmoins, trois exemplaires étaient parfaitement exploitables pour les novilleros, et c'est Guillermo Valencia qui a été le plus en vue face à Lorenzo (frère du toro de Teruel), le meilleur Los Maños du lot. Il y eut aussi un passionnant novillo de Raso de Portillo, brave en quatre piques, encasté et difficile.
Le dimanche matin, les novillos d'El Añadío, aux cornes escobillées au débarquement, n'ont pas donné satisfaction. Il faut dire aussi qu'ils sont rares sur les affiches.
Quant à la novillada-concours, elle a été sabordée par les cuadrillas. Pourtant, la dernière novillada-concours aux arènes de Parentis, en 2009, avait été un succès à tous les niveaux. Arènes pleines à l'époque, des novilleros et des cuadrillas jouant le jeu, un novillo vainqueur (le Moreno de Silva) alors que deux autres auraient aussi pu y prétendre (Partido de Resina et Prieto de la Cal). Cette année, plusieurs novillos possédaient de quoi permettre des combats intéressants, certains sont repartis inédits, tels le Santa Teresa (ancien Félix Hernández Barrera) ou le Raso de Portillo. Et les lidias ont été chaotiques. Pourtant, si l'on regarde l'affiche de la novillada-concours de 2009 : Daniel Martín, Julián Simón, Francisco Pajares, on remarque que ce trio n'a pas fait carrière. Probable point commun avec les trois novilleros de dimanche dernier à Parentis, dont l'avenir semble délicat pour au moins deux d'entre eux. Le manque de pratique n'empêche donc pas l'envie et la volonté de bien faire dans la lidia.

Lors de cette feria 2016 qui ne fut pas un grand rendez-vous, on pouvait repenser au titanesque combat de Guillermo Valencia face à Tostadino de Los Maños l'an dernier, dans les mêmes lieux. Ce jour-là, le novillero colombien disparaissait parfois derrière son adversaire, plus grand que lui, afin de donner des naturelles de face. Souvenir inoubliable. Valencia est revenu cette année à Parentis, et n'a bien entendu pas atteint le niveau de 2015. Face à la course de Los Maños samedi dernier, Guillermo Valencia a tout de même obtenu sa cinquième oreille en trois novilladas à Parentis. Si les trophées peuvent souvent s'avérer dénués de valeur, leur rare attribution à Parentis fait du score de Valencia un véritable exploit. Et l'autre novillero en vue ce week-end, c'était le vénézuélien Manolo Vanegas, toujours courageux et sincère. En espérant qu'après une prochaine alternative, Valencia et Vanegas ne seront pas oubliés par les organisateurs de corridas du même créneau que Parentis. Malheureusement, la liste des oubliés est déjà longue.

Florent  

mardi 2 août 2016

Souvenirs d'une palmeraie

El Palmeral, devise bleue, verte et blanche, élevage situé à Arraute-Charritte, au Pays Basque, pas très loin de Bidache et Hasparren. Mais ça, c'était avant. Il n'y a pas si longtemps que ça.
Quelques années en arrière, la ganadería, alors gérée par Jean-François Majesté, Yves Bippus, et leurs amis, était fréquente dans les arènes du Sud-Ouest. Se rendre chez El Palmeral, découvrir toute la verdure aux alentours, la belle plaza de tienta, et les toros sérieux dans les champs vallonnés, cela faisait quelque chose ! Paysage impressionnant l'hiver aussi, où l'on pouvait deviner des silhouettes de toros derrière la brume. Des toros au plus profond du Pays Basque.
Pas n'importe quels toros, puisqu'ils sont d'origine Atanasio Fernández – Comte de la Corte, et proviennent de l'élevage d'Antonio Ordóñez. La première fois que les Palmeral sont sortis dans une arène, c'était pour une novillada à Ronda ! Les anciens responsables de l'élevage ont beaucoup travaillé, rigoureusement, pour atteindre des résultats intéressants avec une origine qui l'est tout autant. Car un Palmeral, sur le papier au moins, peut avoir beaucoup de similitudes avec un Dolores Aguirre.
De bons souvenirs. Un novillo vainqueur lors d'une novillada-concours à Soustons face à cinq prestigieux élevages espagnols, et une non piquée aussi, solide, il y a dix ans à Floirac, sous une pluie battante et devant cinquante personnes à tout casser. Des erales respectables, qui avaient été combattus par la "pareja" de l'époque en non piquée : Marco Leal et Julien Dusseing "El Santo", devenus aujourd'hui banderilleros.
Il était donc surprenant, six ans après le changement de gestionnaires, de voir le fer d'El Palmeral annoncé ce dimanche pour une novillada à Beaucaire. D'autant que de nombreux souvenirs pouvaient faire croire à un succès.
Malheureusement, il n'en fut rien. Entrée confidentielle, novillada longue et ennuyeuse. Les novillos d'El Palmeral, de peu de présence, ont été faibles, mansos, et ont manqué de fond. Seules leurs armures astifinas et impeccables avaient de quoi donner satisfaction. Peu de choses à la pique, avec par ailleurs un choix étonnant de la cavalerie de mettre des chevaux très lourds par rapport au gabarit des novillos. Manolo Vanegas et Tibo García ont montré de l'envie et du sérieux, mais le bon usage des aciers leur a fait défaut. Dans la cuadrilla de Tibo García, on pouvait justement apercevoir El Santo, qui avait eu à lidier pas mal de novillos d'El Palmeral en tant que novillero quand la ganadería était encore basée dans le Sud-Ouest.
À Beaucaire, il y avait également Sebastián Castillo, le vénézuélien découvert à Céret. Avec de la volonté, du courage, mais sans métier ni recours. Il eut en sixième position une belle opportunité avec un novillo brave en deux piques, et très bon dans la muleta. Mais faute d'expérience et de moyens, Sebastián Castillo dut rendre les armes, au pied du château.
De tout l'après-midi, la seule consolation que l'on pouvait revendiquer était de savoir que le fer d'El Palmeral, s'il est désormais délocalisé du côté des Bouches-du-Rhône, existe encore.

Florent