jeudi 9 février 2017

Blanc comme un linge (Rétro 97)

À bien y réfléchir, il y a vraiment quelque chose de flippant à la vue du tunnel des arènes d'Arles. Un lieu pas comme les autres, et pour tout dire, pratiquement unique sur la planète des toros.
Un tunnel de quasiment cent mètres de long, sombre, faisant partie des multiples galeries de l'amphithéâtre romain. En entrant sous le parvis des arènes, c'est ce tunnel qu'empruntent les toreros pour se rendre jusqu'à la piste.
On ne pourra jamais savoir ce que pense un torero dans les heures et les minutes qui précèdent un paseo, mais il est en revanche quasiment certain que ce long tunnel a dû en faire cogiter plus d'un.
Peut-être que ce fut le cas de José Tomás ce jour de la feria du Riz 1997 ?
Le lendemain de cette corrida, le journal Midi Libre avait titré "Ce n'est pas le vrai José Tomás".
Une corrida sous un ciel gris, José Tomás dans un costume de couleur claire, céleste et or, et un visage au teint pâle. Le torero écouta les broncas, tout en paraissant complètement absent du sujet.
L'histoire ne retiendra pas cette corrida, et c'est normal, car il n'y avait rien eu de transcendant. Au départ, les toros devaient être de Domingo Hernández, mais la commission taurine les refusa. En fin de compte, c'est un lot d'Ana Romero, élevage d'encaste Santa Coloma, qui vint dépanner ! Deux des toros d'Ana Romero furent par ailleurs remplacés durant la course par des Sepúlveda.
Et face à ces toros, pas n'importe qui... César Rincón, Joselito et José Tomás ! Un cartel qui, programmé aujourd'hui, ferait flamber la revente jusqu'à l'infini. Mais pas ce jour-là, puisque les arènes d'Arles affichèrent à peine trois quarts d'arène.
Il faut dire que la gloire de José Tomás était récente à ce moment-là, et que les trois toreros avaient généralement été beaucoup vus depuis le début de la saison 97.
Ce qui conduira peut-être José Tomás à se raréfier une fois réapparu en 2007. Toréer peu mais créer l'effervescence à chaque fois, et assurer le "No Hay Billetes".
Ce jour de septembre 1997, José Tomás a pris à Arles deux broncas de luxe. Celles que peuvent se permettre les vedettes de la tauromachie, car l'afición les oubliera vite et ne leur en tiendra pas rigueur. Une chose injuste au fond, car les broncas condamnent parfois définitivement des toreros de bien plus modeste condition.
Néanmoins, après sa coupure allant de 2002 à 2007, José Tomás a gommé cet aspect apathique qui pouvait lui survenir dans l'arène. Ces dix dernières années, il a toujours mis les chances de triomphe de son côté, en choisissant méticuleusement les corridas à combattre.
Lointain souvenir que cette corrida de 97 à Arles. Dans les bonnes comme dans les mauvaises, il faut savoir garder l'afición. Ce jour-là, José Tomás avait été hué, et César Rincón ne fut pas au top. Le seul qui s'en tira sans dommage, ce fut Joselito, avec beaucoup de sérénité et des gestes de classe. C'est vrai d'ailleurs, quand on revoit des images de Joselito quand il était encore en activité, c'était vraiment un torero plein de classe !
Pour la feria suivante aux arènes d'Arles, celle de Pâques 1998, José Tomás revint à l'occasion d'une corrida goyesque... Avec encore des sifflets. Depuis, il n'a plus jamais affronté le tunnel des arènes d'Arles.

Florent

5 commentaires:

  1. Salut Florent
    C est vrai qu'il parait long ce tunnel des arènes d'Arles, ses pierres transpirent leur vécu, leur passé, ce lourd passé du temps où les hommes combattaient les fauves, se combattaient entre eux aussi. Je l ai emprunté plusieurs fois à pied et une fois avec Maurice, pour la capélado d'une course camarguaise. Une fois à l'intérieur on ne peut s'empêcher de ressentir le poids de l'histoire; alors, j'imagine bien, pour un torero qui va au combat se jouer la vie, l'émotion qui doit être la sienne juste avant le paseo et la quantité d'images qui lui vient immanquablement à l'esprit.
    De manière bien plus prosaïque maintenant: que José Tomas n'emprunte plus le tunnel ne me fait pas plus d'effet que Ponce à Istres toréant en smoking....Pour moi, le choix de tout(toros, plaza, spectateurs du 1er rang, etc..)auquel il procède à chacune de ses sorties ne me convient absolument pas. Sin toros no hay fiesta pero hay fiesta sin Tomas. Assez de ces "figuras" qui imposent leur volonté partout à des prix exorbitants, assez des toros faibles sélectionnés par les ganaderos pour leur faire plaisir, assez des péons vociférant des "bieeennnn" dans le callejon. On pourrait en dire bien d'autres mais il est l'heure d'aller bosser. Je préfère aller voir Lamelas à Ales, largement.
    Amitiés. Patrick Sabatier 13300 Salon

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  2. sur le commentaire précédent il faut lire: je l ai emprunté plusieurs fois à pied et une fois avec Maurice, A CHEVAL, pour la capélado.....Ce rectificatif afin que personne n'imagine à la lecture du précédent commentaire que Maurice et moi avons défilé en tant que raseteurs. Il s'agissait simplement du défilé de gardians qui précède l entrée en piste des "tenues blanches". PS 13300

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  3. Ca aurait eu de la gueule de vous voir tous les deux en raseteurs !

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    1. Il y en a qui aurait bien rigolé et je reconnais qu'il y aurait eu de quoi rire c'est sur!

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  4. Un long tunnel, en effet, qui a du en faire cogiter plus d'un !
    http://baptistecissefan.e-monsite.com

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