samedi 13 mai 2017

Francisco Javier Martínez "Paquiro" (Rétro 97)

On retrouve, dans une actualité récente, de nombreuses preuves d'une obstination allant à l'encontre de mémoires qui ont fait l'histoire de la tauromachie. Une obstination stupide, et qui consiste à dégrader des monuments symbolisant cette histoire. Les statues évoquant Manuel Montoliú à Valencia, Nimeño à Nîmes, Yiyo à Madrid. Ce qui au fond n'est juridiquement qu'une dégradation de biens situés sur le domaine public est incompréhensible.
Comme si le fait d'aller souiller des statues allait anéantir des mémoires et les pousser vers l'oubli. Peine perdue, toutes ces personnes, tous ces toreros, que certaines statues évoquent, resteront toujours dans la mémoire et le coeur de ceux qui, par passion, se sont reconnus dans leurs histoires. Et veillent à ce souvenir. D'ailleurs, on ne pourra pas nous empêcher de penser que vouloir toucher à la mémoire des disparus reste, tout de même, un aveu d'impuissance et de bêtise.
Les choses les plus fortes qui restent des disparus ne sont pas des statues, mais ce qu'ils ont accompli et incarné de leur vivant. Des choses qui doivent rester et se perpétuer.
En ce mois de mai, ce sont les 25 ans de la mort de Manuel Montoliú, grand banderillero de Valencia, qui a été matador, et qui un jour de grand soleil à Séville, alors qu'il était dans la cuadrilla de José Marí Manzanares, fut fauché d'un coup de corne irréversible par un toro d'Atanasio Fernández. Quelques mois plus tard, à la Maestranza, un autre banderillero, moins connu que Montoliú, reçut également un coup de corne mortel par un novillo du Comte de la Maza. C'était Ramón Soto Vargas.
L'histoire récente de la tauromachie est parsemée de tragédies, comme on l'a encore vécu l'an dernier.
L'habit de lumières, a première vue, est un signe extérieur de richesse, qui semblerait préserver des drames autres que ceux de l'arène, et éloigner de la précarité tous ceux qui le portent. Un cliché.
Il y a vingt ans mourait un jeune torero navarrais, Francisco Javier Martínez "Paquiro".
Tout, pourtant, avait de quoi le laisser à distance d'une telle issue.
Un début de carrière prometteur, car Paquiro, né le 10 juillet 1972, commença très jeune en tauromachie, et débuta avec picadors à l'âge de 17 ans. En 1991, il remporta le très prestigieux Zapato de Oro à Arnedo, et prit l'alternative chez lui à Pampelune l'année suivante. Âgé de vingt ans, en 1992, et avec deux contrats dans cette feria importante, sa feria !
L'alternative tout d'abord, des mains du Niño de la Capea, et un grand triomphe quelques jours plus tard, avec deux oreilles coupées à un toro du Comte de la Corte. Entre autres contrats, en cette année 1992, il fut à Floirac, le témoin d'alternative du sévillan Domingo Valderrama.
Francisco Javier Martínez "Paquiro" était un torero de Navarre, une région si dépaysante et surprenante pour de nombreux aficionados français qui s'y rendent.
Paquiro a été matador de toros pendant cinq temporadas, jusqu'en 1996, faisant partie du convoi de toreros européens allant au Pérou en quête de corridas, pour accomplir leur passion.
Le 23 septembre 1997, la police de Navarre retrouva Paquiro sans vie dans son appartement de Pampelune. Il s'était suicidé.
Cette année-là, il avait débuté une carrière de banderillero pour le compte du jeune novillero aragonais Luis Antonio Gaspar "Paulita". Paulita que l'on retrouvera souvent sur les affiches cette année, car il est, vingt ans plus tard, un torero aguerri.

Triste issue fut celle de Paquiro. Mais comme pour tous les autres hommes qui ont risqué leur vie face aux cornes, et sont partis prématurément, le souvenir perdure et doit rester, forcément.

Florent

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