mardi 4 juillet 2017

Il est passé où le Maño ?

Boujan-sur-Libron, aux portes de Béziers, accueillait ce week-end une feria de novilladas attrayante, chose que nul ne peut contester. Et pour preuve, samedi après-midi, cette petite arène affichait quasiment le plein, à cent places près du "no hay billetes".
Une novillada annoncée comme un événement, avec un élevage en vogue, celui de Los Maños, pour trois novilleros français : Andy Younès, Tibo García et Adrien Salenc. Un trio inauguré en 2016 à Tarascon face à un lot de Jalabert pour une course qui avait été plus qu'intéressante.
On en attendait donc beaucoup à Boujan, pour une année 2017 où peu d'arènes sont actives dans le département de l'Hérault. Seulement trois : Béziers, Boujan et Mauguio, puisque Palavas n'a pas donné de corridas cette année et que la plaza de Lunel est actuellement en travaux.
Des attentes, et bien sûr... des déceptions. Un lot de Los Maños très inégal, avec de nombreuses cornes dans un état déplorable.
Des novillos qui avaient probablement accusé le voyage, et le fait qu'à Boujan-sur-Libron, il n'y a pas de corrales. Des pelages spectaculaires, oscillant entre le gris et le blanc pour les pensionnaires de l'élevage d'Aragon. Et des comportements décevants, malgré un total de quinze piques, tout de même, et parfois des charges et des poussées intéressantes face aux chevaux de Bonijol.
Pas un bon lot, mais quand même, il y avait matière à en tirer davantage. Et chez les trois jeunes français, l'esprit novillero sembla manquer en ce jour, celui de la fougue et de la compétition.
Cinq silences et une seule ovation, pour Tibo García face au deuxième, après un combat honnête. Dans le lot de Los Maños, il y eut surtout un très bon novillo, le troisième, brave, noble et bon, "Bonito", le numéro 42. Il prit trois piques, et c'est Adrien Salenc qui l'affronta, débuta bien à la cape, et également à la muleta, mais ne parvint pas à en prendre la mesure et à en profiter.
Pourtant, les arènes étaient pleines, et au départ, il y avait de quoi y croire !
C'est souvent comme ça en tauromachie, et c'est l'inattendu qui triomphe. Comme ce matin de l'été 2015 à Parentis où face au même élevage de Los Maños, devant 800 ou 900 personnes à peine, le novillero colombien Guillermo Valencia avait affronté l'impressionnant "Tostadino", livrant un combat émouvant, et coupant deux oreilles. Deux oreilles figurant parmi les plus indiscutables corridas et novilladas confondues ces dernières années en France.
Enfin, comme dans toutes les arènes depuis quinze jours, un hommage fut rendu en début de novillada à Iván Fandiño. C'était émouvant, et l'on apercevait dans le callejón Antoine, valet d'épées de Tibo García, et qui accompagnait très souvent la cuadrilla et le torero d'Orduña.

Florent

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