jeudi 30 novembre 2017

Zortziko (Rétro 2017)

Après ce qui venait de se passer, cela faisait forcément bizarre d'aller voir des toros au Pays Basque cet été. Les lieux taurins, dans cette région, sont très variés. Il y a des arènes où la continuité est fragile, tandis que d'autres affichent une solide tradition de plusieurs siècles.
Il y a quelques années à peine, on pouvait commencer la temporada basque dans les petites arènes d'Orduña, le village de Fandiño. Il y avait toujours une course le 8 mai, pour les fêtes dites du "Otxomaio". Mais des soucis d'organisation ont fait qu'il n'y a plus systématiquement de course à cette date à Orduña. Pourtant, cette petite arène, entourée de reliefs verts, vaut le détour.
Mais c'est en été que la saison taurine du Pays Basque bat son plein et que l'on peut faire de superbes découvertes.
L'une des choses les plus caractéristiques de la tauromachie basque, c'est le Zortziko joué à la mort de chaque troisième toro lors des corridas et novilladas aux arènes d'Azpeitia et de Deba.
Le Zortziko, c'est une mélodie funèbre, aux notes graves. Ce Zortziko là a été composé en mémoire du banderillero José Ventura Laca. Il a reçu un coup de corne, mourant presque instantanément, à Azpeitia. Les spécialistes de l'histoire de la région se disputent par ailleurs au sujet de la date, car pour certains, il s'agit de 1846, et pour d'autres, de 1841 !
Il réside quelque chose de vague autour de cette histoire et du drame de José Ventura Laca, mais le Zortziko pour ce banderillero né à Deba est respecté religieusement dans les deux arènes. Les toreros sortent découverts des burladeros, l'arrastre est à l'arrêt, et le public debout.
Il y a malgré tout, du fait de la grande distance dans le temps avec cette tragédie, un côté joyeux dans cette mélodie. Et le public semble si content d'être là. Aussi bien dans les arènes d'Azpeitia, où les cartels sont prestigieux pour une troisième catégorie, que sur la place du village de Deba, où l'on est tout proche des acteurs de la novillada.
Ce Zortziko donc, aussi appelé Martintxo à Deba, c'est en l'honneur d'un torero blessé, touché, mortellement et beaucoup trop pour qu'il puisse voir une dernière fois son village et son si joli bord de mer.
La brume et les nuages bas au-dessus des arènes d'Azpeitia donnent quelque chose de très authentique en plein été, avec les bonnes soeurs qui observent la corrida depuis le couvent d'à côté. Les arènes temporaires de Deba, elles, sur la place principale du village, sont un rectangle merveilleux où les novilladas qui s'y donnent semblent tellement éphémères.
En parlant d'Iván Fandiño, il était venu deux fois à Deba en 1999, et trois fois en l'an 2000... mais toujours au poste de sobresaliente ! Pourtant, au mois d'août, Deba s'est souvenue du jeune homme d'Orduña. Et qui sait, désormais, à chaque fois que retentira le Zortziko, il y aura également une pensée pour lui. Un matador du Pays Basque, cela n'est pas si fréquent. Et un grand matador, comme lui l'a été, encore moins...
En se rendant là-bas, dans les arènes de cette région, situées entre montagnes, littoral, verdure et brume, il y a comme un truc de magique.

Florent

mardi 28 novembre 2017

La gloire des inespérés (Rétro 2017)

Côte à côte, Iván Fandiño et Paco Ureña, l'un en gris plomb et or, et l'autre en bleu nuit et or, à l'été 2016 aux arènes de Saint-Gilles. Ils observent, à cet instant-là, un quite de Thomas Joubert.
Une histoire de quite... comme quelques mois plus tard, pour la corrida du 17 juin 2017 à Aire-sur-l'Adour. C'est à la cape, devant un toro qui n'était pas le sien, que le drame s'est tramé pour Iván Fandiño.
Juin, en tauromachie, cela reste tout de même le début de saison. Et c'est ainsi qu'une absence a grandement de quoi se faire sentir jusqu'au bout de la temporada.
Alors, on se prend parfois à des réflexions et à des considérations teintées d'absurde. A chercher, chez ceux qui restent, des caractéristiques que possédaient ceux qui sont partis.
Il y a, chez Paco Ureña, des vertus qui étaient celles d'Iván Fandiño. Parmi les matadors en activité, il est peut-être même celui qui en possède le plus.
Plein de paramètres, pourtant, semblent séparer et opposer ces deux toreros. Fandiño était du Pays Basque, Ureña de la province de Murcie. Le concept de Fandiño était basé sur la puissance, alors qu'il y a plus de finesse chez Ureña. L'impact physique de Fandiño, d'ailleurs, avec son visage fermé et concentré, se faisait davantage sentir dans la bataille, tandis que Paco Ureña lui démontre plutôt une forme de fragilité derrière une mine triste.
Mais ces deux-là ont aussi tellement de similitudes, et pas des moindres. Car ils ont fait partie de ces toreros dont l'unanimité s'est un jour portée vers eux en affirmant qu'ils allaient s'égarer. De ceux qui au mieux toréeront l'an prochain deux corridas, une dans leur village et la seconde dans le village d'à côté. Des hommes aux figures de futurs toreros retirés, auxquels on ne croit absolument pas. Des toreros avec qui personne, il y a quelques années, n'aurait osé prendre un selfie à leurs côtés. Des toreros que l'on aurait regardé passer à la sortie d'une arène, condamnés par l'indifférence d'un "silence et silence".
A bien regarder les débuts de carrière de Fandiño et d'Ureña, il y avait davantage de chances de croire que ces deux-là n'y parviendraient jamais, plutôt que l'inverse.
Comme point commun, Iván Fandiño et Paco Ureña ont toréé leur première corrida en France dans la même arène : Vergèze. Ce qui en dit long, car c'est une petite plaza où les toreros à l'agenda fourni n'ont jamais été tentés d'aller. Mais il faut se rappeler que Fandiño et Ureña, eux, sont passés par là.
Et ils ont déjoué les terribles pronostics, qui les laissaient dans l'indifférence, alors que l'on avait réservé le présage de gloire aux seuls esthètes.
Ils ont émergé et obtenu de beaux triomphes. Et oui, chez Fandiño, il y avait quelque chose qui touchait plus profondément que chez d'autres toreros. Un courage hors du commun, un don total de soi-même, et une exceptionnelle façon de se surpasser, qui le menèrent lors de la San Isidro 2014 à aller chercher une grande porte en estoquant sans leurre un toro de Parladé.
Chez Paco Ureña aussi, il y a ces caractéristiques-là, l'abandon du corps, et le seuil maximal du courage franchi. Madrid, automne 2015, des toros d'Adolfo Martín, et des cornes passant au plus près de la chair.
On a encore retrouvé cette force cet été, à Bayonne, lors de la corrida d'El Freixo. Avec pour Paco Ureña une détermination et un sens du placement qui rappelaient les plus grandes heures d'Iván Fandiño. Sauf que ce jour-là, il n'en restait plus qu'un seul des deux.

Florent

jeudi 16 novembre 2017

Miurada (Rétro 2017)

Évoquer le toro de Miura, c'est forcément songer à des clichés comme celui-là. Des toros pour lesquels la seule entrée en piste est impressionnante et dont les premiers instants sur le sable font croire aux légendes. Oui, à bien y regarder, on dirait qu'elle est réelle l'histoire selon laquelle ces toros disposent d'une vertèbre supplémentaire.
Ce Miura là, dont l'image figure sur la page internet des arènes de Béziers, a été combattu à l'été 2002. Certes, à Béziers, les barrières sont relativement basses, mais ce toro-là, il fait sensation. Le genre de toro dont on connaît au premier regard la provenance.
Squelette sans fin, cou long et tête chercheuse. A Béziers en plus, là où a été combattue l'une des plus légendaires corridas de ce fer. 15 août 83, Miura pour Nimeño, Richard Milian et Víctor Mendes.
Mais la légende des Miura, ces derniers temps, est décriée. Car la réputation des toros de Miura, qui se vendent à prix d'or, c'est un tempérament à part, et une vraie Miurada, par définition, ce serait une course dure et imprévisible.
Elle s'annonçait belle la saison 2017 de Miura. Et l'on se prenait à rêver. Et si dans la petite piste de Céret, il en sortait un comme sur la photo de Béziers 2002, et si c'est Octavio Chacón qui venait à l'affronter... Hélas, il n'en a rien été.
Depuis un bon moment, la faiblesse est récurrente, les problèmes d'armures aussi, même s'ils n'ont rien de nouveau.
Ces toros ont tendance à frapper très fort lors des opérations d'embarquement et de débarquement. De là à savoir si l'on a procédé à d'autres manoeuvres, il est difficile de l'affirmer.
Il n'empêche que, quand des toros de Miura se traînent sur le sable et affligent l'aficionado, le mythe s'éloigne. Et pourtant, on reste indulgent, à la recherche d'authentiques toros de Miura, dont quelque part, on est persuadé qu'il en existe encore.
Sept corridas complètes en 2017, à Séville, Madrid, Céret, Pamplona, Béziers, Bilbao et Cehegín. À Madrid comme ailleurs, des toros changés. À Céret, des comportements à peu près conformes à ce que l'on peut attendre de Miura, mais des cornes dans un état déplorable. À Béziers, un naufrage paraît-il. À tel point qu'à cause de cette dernière corrida citée, la direction des arènes d'Arles a décidé de changer ses plans et de garder seulement trois toros de Miura pour sa corrida de septembre en prenant un autre élevage pour compléter l'affiche. Un toro compliqué et intéressant à Vic, certes. Une novillada à Carcassonne. Des toros isolés combattus ici et là, et même au Portugal pour rejoneadores et forcados.
Mais surtout, des inquiétudes pour ce nom légendaire, dont l'irrégularité a de quoi déboussoler. Preuve en est, la saison 2014, et à un mois d'intervalle, un lot catastrophique à Nîmes et une grande corrida à Mont-de-Marsan. En tout cas, à l'avenir, on espère moins de désastres. Car ils n'ont absolument rien à voir avec l'idée que l'on se fait d'une Miurada.

Florent

mercredi 8 novembre 2017

Il est né à portagayola (Rétro 2017)

Et ce jour-là, il y est allé deux fois. Le garçon sur la photo, c'est Maxime Solera, 24 ans, novillero français. Un parcours atypique, ancien élève de l'école taurine d'Arles, ce qui lui permit de toréer en non piquée dans pas mal d'arènes françaises. Un jour, à Maubourguet, il a même officié en tant que sobresaliente dans une course de cette catégorie, ce qui généralement n'est pas bon signe pour l'avenir. Et puis, Maxime Solera est parti de l'autre côté des Pyrénées, pour tenter de passer à l'échelon supérieur.
Alors, début septembre 2016, le voir au paseo de ce qui était sa deuxième novillada piquée, à Peralta, en Navarre, était une inconnue totale. Il avait, à cette occasion, un bandage sur le front. Comme un boxeur, un vrai bagarreur. Celui-là, sans doute, il a du tempérament et ne va pas rester dans l'anonymat. Sa prestation face aux novillos de Pincha est une immense surprise, et il obtient le prix au triomphateur de la feria.
Pour autant, même si Peralta est une véritable feria de novilladas, sérieuse et intéressante, sa répercussion est limitée. La première sortie française de Maxime Solera en tant que novillero avec picadors aura lieu de longs mois plus tard, à Boujan-sur-Libron face aux Dolores Aguirre.
Mais c'est au moment où il part s'agenouiller face au toril de Céret, l'arène la plus difficile en France pour les toreros, que beaucoup d'aficionados le découvrent.
Matin brûlant du mois de juillet, de ceux où les touristes maculés de crème solaire garnissent les plages, tandis que d'autres bloqués sur les routes tentent de survivre la clim à fond.
Maxime Solera, qui n'est pas en vacances, va accueillir à portagayola son premier adversaire, Tabanero. Et il n'est pas rare de le voir accomplir ce geste, avec lequel l'espérance de vie est encore plus incertaine. À Céret, néanmoins, peu sont les toreros qui s'y aventurent. La piste y est étroite, et le toro qui déboule est généralement fort et armé.
Ah comme elle est incroyable, et sans superflu, l'intensité dramatique de ce foutu moment précis, quand un torero tente un tel geste aux arènes de Céret. A fortiori quand il est novillero, qu'il est français, qu'il est originaire du coin, et qu'il va en bonne partie jouer sa carrière sur cette seule course.
Au rayon des images marquantes, il y a ce novillero que l'on voit parcourir les quelques mètres séparant le burladero et le toril, dans le silence, sans musique, parce qu'à cet instant-là, la Cobla ne joue plus.
D'autant plus qu'à portagayola, Maxime Solera y est allé une seconde fois, pour attendre Universal, le sixième Raso de Portillo. Sacrés défis, et tout cela alors que Daniel García vient d'être cueilli de façon glaçante en fin de faena par le cinquième, un Raso très fort et terriblement armé.
Ici, les novilleros sont attendus par le public avec des exigences parfois égales ou supérieures à celles demandées aux matadors, et il y aurait beaucoup à redire, car d'un côté, c'est trivialement injuste.
Ça en jette d'aller faire deux portagayolas à Céret face à des tontons de Raso de Portillo. Mais ce qu'a livré Maxime Solera ce matin-là, c'était bien plus. Beaucoup d'efforts et de volonté dans la lidia, en mettant quatre fois en suerte le dernier novillo pour le picador Gabin Rehabi.
Au troisième tiers, la tension n'est pas retombée, car le Raso de Portillo, sérieux et encasté, est à peu près tout sauf un bonbon. Dans la passe, d'ailleurs, il a tendance à venir vers l'intérieur, entre la muleta et l'homme. On voit, chez Maxime Solera, des choses très plaisantes, comme des cites de loin valeureux. Mais c'est à gauche qu'il arrive à convaincre et même au-delà. Naturelles vibrantes d'un novillero qui se joue la peau. Chose rare pendant une faena cérétane, la Cobla se met à jouer. Après, Maxime Solera se fait secouer mais se relève sans mal. On attend un beau triomphe, mais l'épée, malheureusement, vient se loger bien trop bas sur un faux-départ du cornu.
Pas grave, dans la liste des tours de piste mémorables, mais sans trophées, celui-là occupe une bonne place. Et il y restera.

Florent

(Photo de Louise de Zan : Maxime Solera attendant Universal de Raso de Portillo, le 15 juillet à Céret)  

mardi 7 novembre 2017

Brigadier chef (Rétro 2017)

De moins en moins de grandes arènes entretiennent un lien privilégié et habituel avec une ganadería. Dax si, avec Pedraza de Yeltes, et l'enthousiasme qui existe avant chacune de ces rencontres est bien réel. On ne va pas s'en plaindre.
Au 14 août, jour des Pedrazas, le début de feria de Dax était, paraît-il jusqu'alors, morose. Le matin, ce fut une noyade dans le triomphalisme avec les noblissimes erales de Guadaira : quatre erales, trois vueltas, sept oreilles, et multiples sorties en triomphe. Il y avait là une forme d'aliénation, et c'est dommage, car vu la forte affluence pour une non piquée, les choses auraient mérité de se dérouler un peu plus sérieusement.
Et l'après-midi, c'était comme prévu la corrida de Pedraza de Yeltes, pour la quatrième année d'affilée. La sensation des deux premières, 2014 et 2015, est encore tellement forte que l'on a toujours du mal à les départager.
Pedraza de Yeltes, c'est certainement le Domecq le plus exigeant pour le torero, et le plus passionnant pour l'aficionado a los toros.
Les pensionnaires de cet élevage combattus le 14 août à Dax n'ont pas dérogé à la règle. Rafaelillo et Daniel Luque ont connu le succès, le premier face à "Bello", un toro brave et encasté, et le second devant une opposition située en-deçà de ce qui plaît chez Pedraza.
Les toros du jour, corpulents, n'ont pas été suffisamment mis en valeur à cette occasion, et leur potentiel n'a pas été complètement exprimé à la pique, loin de là même. Et c'est dommage, car il y avait, encore une fois, plusieurs grands toros.
Comme le sixième, Brigadier, matricule 10, de pelage colorado comme le sont beaucoup de toros dans cet élevage. 630 kilos et bientôt cinq ans.
Brigadier, en piste, c'est lui qui commande. Une première pique prise avec bravoure et puissance, en soulevant la cavalerie, puis une deuxième également avec bravoure. Et là, juste après, c'est l'incompréhension, car la présidence change de tiers.
Dans le flottement, le picador est finalement maintenu en piste, et la troisième rencontre se produit, avec une pique de tienta. Une pique qui pourtant, conformément à son nom, devrait seulement être utilisée en tienta. Brigadier est placé loin, et charge encore avec bravoure, c'est vraiment un très grand toro.
Un toro qui dès ce moment-là méritait déjà les honneurs du tour de piste, même si de manière frustrante, on remarque qu'on aurait pu le laisser briller encore. Et puis, il ne faut jamais sanctionner les qualités d'un toro du fait des décisions ou errances de ceux qui sont en charge du déroulement de la corrida.
Un brave Pedraza donc, dans la lignée des "Miralto", "Resistente", et autres toros illustres de la maison combattus dans la même plaza. Román, qui était chargé de l'affronter, passa totalement à côté du sujet. Personne ne s'en souviendra, et cela n'aura pour lui aucune incidence dans sa carrière, car le lendemain, il ouvrait la grande porte de Las Ventas.
Mais reste en mémoire le combat de ce brave toro sur le sable dacquois l'un des plus beaux soirs de l'été. Comme une bronca, l'orage attendit sagement la fin de soirée pour éclater.

Florent

(Photo de Niko Darracq : Brigadier, numéro 10, de Pedraza de Yeltes)

lundi 6 novembre 2017

Bleu nuit et or (Rétro 2017)

J'aime bien la géométrie de la plaza d'Aignan, et ce paseo qui à chaque fois fait demi-tour pour venir saluer la présidence située juste au-dessus de la porte d'entrée.
Aignan, c'est la plus rurale des plazas à organiser une corrida le week-end de Pâques. Habituellement, c'est la première corrida de l'année dans le Sud-Ouest, même si cette fois il y a eu Gamarde deux semaines auparavant.
Aller à Aignan a toujours un côté dépaysant, et il n'est pas rare de voir s'afficher "Aucun service" sur le téléphone en arrivant dans les parages.
Ce dimanche 16 avril, le joli soleil au-dessus de la petite arène d'Aignan ne laisse en rien deviner que 2017 va être une autre saison de soupirs.
Il y a même une belle affiche, avec trois toros de Gallon, malheureusement bien trop faibles pour donner du relief, et trois de Camino de Santiago, avec plus de consistance. Deux élevages français pour Manuel Escribano, Iván Fandiño et Emilio de Justo. Les deux premiers en bleu nuit et or, le troisième en blanc.
Ils sont en quelque sorte, ce jour-là, à la croisée des chemins. Manuel Escribano revient d'une gravissime blessure en juin 2016 à Alicante ; Iván Fandiño tente un retour en force après deux saisons délicates, surtout depuis son seul contre six de mars 2015 à Madrid ; et puis Emilio de Justo lui voit sa carrière décoller peu à peu.
Fandiño, en bleu nuit et or donc, coupe l'oreille du deuxième toro, de Jean-Louis Darré, après une faena sans grande intensité, mais magnifiquement illustrée par Les Armagnacs qui jouent "Agüero", pasodoble au nom d'un torero basque. Et le point culminant de ce combat, c'est la grande estocade portée par Iván Fandiño, et qui à elle seule vaut l'oreille.
Fandiño a signé pour quatre paseos en France cette année. Aignan, Arles où il va triompher dès le lendemain face aux Pedraza de Yeltes, Aire-sur-l'Adour, et Mont-de-Marsan.
Au cours du même après-midi d'Aignan, Manuel Escribano touche le meilleur toro de Camino de Santiago et empoche deux oreilles, alors que c'est Emilio de Justo qui réalise les plus beaux gestes devant le dernier.
Un beau soleil à ne pas prendre en compte, là où tout avait bien commencé. De bons présages qui n'en étaient pas.

Florent