lundi 6 novembre 2017

Bleu nuit et or (Rétro 2017)

J'aime bien la géométrie de la plaza d'Aignan, et ce paseo qui à chaque fois fait demi-tour pour venir saluer la présidence située juste au-dessus de la porte d'entrée.
Aignan, c'est la plus rurale des plazas à organiser une corrida le week-end de Pâques. Habituellement, c'est la première corrida de l'année dans le Sud-Ouest, même si cette fois il y a eu Gamarde deux semaines auparavant.
Aller à Aignan a toujours un côté dépaysant, et il n'est pas rare de voir s'afficher "Aucun service" sur le téléphone en arrivant dans les parages.
Ce dimanche 16 avril, le joli soleil au-dessus de la petite arène d'Aignan ne laisse en rien deviner que 2017 va être une autre saison de soupirs.
Il y a même une belle affiche, avec trois toros de Gallon, malheureusement bien trop faibles pour donner du relief, et trois de Camino de Santiago, avec plus de consistance. Deux élevages français pour Manuel Escribano, Iván Fandiño et Emilio de Justo. Les deux premiers en bleu nuit et or, le troisième en blanc.
Ils sont en quelque sorte, ce jour-là, à la croisée des chemins. Manuel Escribano revient d'une gravissime blessure en juin 2016 à Alicante ; Iván Fandiño tente un retour en force après deux saisons délicates, surtout depuis son seul contre six de mars 2015 à Madrid ; et puis Emilio de Justo lui voit sa carrière décoller peu à peu.
Fandiño, en bleu nuit et or donc, coupe l'oreille du deuxième toro, de Jean-Louis Darré, après une faena sans grande intensité, mais magnifiquement illustrée par Les Armagnacs qui jouent "Agüero", pasodoble au nom d'un torero basque. Et le point culminant de ce combat, c'est la grande estocade portée par Iván Fandiño, et qui à elle seule vaut l'oreille.
Fandiño a signé pour quatre paseos en France cette année. Aignan, Arles où il va triompher dès le lendemain face aux Pedraza de Yeltes, Aire-sur-l'Adour, et Mont-de-Marsan.
Au cours du même après-midi d'Aignan, Manuel Escribano touche le meilleur toro de Camino de Santiago et empoche deux oreilles, alors que c'est Emilio de Justo qui réalise les plus beaux gestes devant le dernier.
Un beau soleil à ne pas prendre en compte, là où tout avait bien commencé. De bons présages qui n'en étaient pas.

Florent

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