jeudi 16 novembre 2017

Miurada (Rétro 2017)

Évoquer le toro de Miura, c'est forcément songer à des clichés comme celui-là. Des toros pour lesquels la seule entrée en piste est impressionnante et dont les premiers instants sur le sable font croire aux légendes. Oui, à bien y regarder, on dirait qu'elle est réelle l'histoire selon laquelle ces toros disposent d'une vertèbre supplémentaire.
Ce Miura là, dont l'image figure sur la page internet des arènes de Béziers, a été combattu à l'été 2002. Certes, à Béziers, les barrières sont relativement basses, mais ce toro-là, il fait sensation. Le genre de toro dont on connaît au premier regard la provenance.
Squelette sans fin, cou long et tête chercheuse. A Béziers en plus, là où a été combattue l'une des plus légendaires corridas de ce fer. 15 août 83, Miura pour Nimeño, Richard Milian et Víctor Mendes.
Mais la légende des Miura, ces derniers temps, est décriée. Car la réputation des toros de Miura, qui se vendent à prix d'or, c'est un tempérament à part, et une vraie Miurada, par définition, ce serait une course dure et imprévisible.
Elle s'annonçait belle la saison 2017 de Miura. Et l'on se prenait à rêver. Et si dans la petite piste de Céret, il en sortait un comme sur la photo de Béziers 2002, et si c'est Octavio Chacón qui venait à l'affronter... Hélas, il n'en a rien été.
Depuis un bon moment, la faiblesse est récurrente, les problèmes d'armures aussi, même s'ils n'ont rien de nouveau.
Ces toros ont tendance à frapper très fort lors des opérations d'embarquement et de débarquement. De là à savoir si l'on a procédé à d'autres manoeuvres, il est difficile de l'affirmer.
Il n'empêche que, quand des toros de Miura se traînent sur le sable et affligent l'aficionado, le mythe s'éloigne. Et pourtant, on reste indulgent, à la recherche d'authentiques toros de Miura, dont quelque part, on est persuadé qu'il en existe encore.
Sept corridas complètes en 2017, à Séville, Madrid, Céret, Pamplona, Béziers, Bilbao et Cehegín. À Madrid comme ailleurs, des toros changés. À Céret, des comportements à peu près conformes à ce que l'on peut attendre de Miura, mais des cornes dans un état déplorable. À Béziers, un naufrage paraît-il. À tel point qu'à cause de cette dernière corrida citée, la direction des arènes d'Arles a décidé de changer ses plans et de garder seulement trois toros de Miura pour sa corrida de septembre en prenant un autre élevage pour compléter l'affiche. Un toro compliqué et intéressant à Vic, certes. Une novillada à Carcassonne. Des toros isolés combattus ici et là, et même au Portugal pour rejoneadores et forcados.
Mais surtout, des inquiétudes pour ce nom légendaire, dont l'irrégularité a de quoi déboussoler. Preuve en est, la saison 2014, et à un mois d'intervalle, un lot catastrophique à Nîmes et une grande corrida à Mont-de-Marsan. En tout cas, à l'avenir, on espère moins de désastres. Car ils n'ont absolument rien à voir avec l'idée que l'on se fait d'une Miurada.

Florent

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