dimanche 4 mars 2018

Granier frères

Le ganadero Alain Granier est décédé ce vendredi 2 mars. Avec son frère Gérard, ils avaient constitué un élevage de toros braves à Saint-Martin-de-Crau, il y a près de quarante ans, avec deux fers, San Martín et La Cruz.
Dans le sillage d'Hubert Yonnet, les Granier font partie des pionniers, en France, dans l'élevage de taureaux aux origines exclusivement ibériques. D'ailleurs, à chaque fois qu'un lot de la maison était annoncé, on lisait "Granier frères" sur les affiches. Comme indissociables.
C'est le fer de La Cruz qui a été maintenu pendant le plus longtemps, d'encaste Santa Coloma – Buendía, chose rare en France. Avec une méthode d'élevage unique, on ne peut plus naturelle, et des animaux nourris au foin de Crau, ce qui leur donne une solidité enviable.
Il est beau ce paysage du Mas de Farinon, le long de la Route Nationale 113, et où avant les Alpilles en toile de fond, on aperçoit les toros gris des Granier.
A l'avenir, on y passera encore plus nostalgiques, en pensant à Alain Granier, qui fait partie de cette ancienne génération de ganaderos français qui s'en vont inéluctablement, un à un, et discrètement.
Quoi de mieux, pour leur rendre hommage, que de repenser à leurs plus beaux toros, fruits de leur immense travail et de leur afición.
Et cette novillada des frères Granier en septembre 2015 à Vic-Fezensac, aux pelages gris, très bien armée, solide, prenant 22 piques sans jamais fléchir, et luttant fièrement sur le sable gersois, jusqu'au dernier souffle. Sur cette photo d'Olivier Viaud, le novillo que l'on voit s'appelle "Aladero", numéro 8. Il avait pris quatre piques et avait été honoré d'un tour de piste. S'il y a plusieurs décennies cela pouvait paraître folklorique vu de l'autre côté des Pyrénées, ce superbe lot combattu ce jour-là pouvait nous faire dire qu'en France, on possède de véritables élevages de toros braves, et d'authentiques ganaderos. Au revoir, Alain Granier.

Florent

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