jeudi 29 mars 2018

Lidia d'or


L'aficionado est souvent pessimiste par nature. Pas dans les faits, parce qu'il se rend encore aux arènes, et ce malgré qu'il lui arrive parfois de jurer, à propos de certaines affiches, qu'on ne l'y reprendra plus. Le pessimisme se situe avant tout dans le discours, ce qui n'a là rien de nouveau.
Et l'on doit absolument se souvenir d'une époque pas si lointaine, où l'on dressait des constats alarmistes à tous les niveaux. Notamment : qui comme lidiador du futur ? Qui pour succéder à Esplá, à El Fundi et consorts ? Qui pour s'imposer devant les corridas dites "dures" ?
Cela fait un petit moment, ne serait-ce que depuis l'an dernier, que l'on remarque qu'il existe bon nombre de toreros aptes à s'imposer face à des corridas de tempérament. De là à faire une carrière de longue durée en la matière, c'est une autre question, mais il y a un vrai potentiel à l'heure actuelle au sein d'une génération fournie.
Parmi eux, un nom qui semble incontournable en ce début de saison 2018 : Octavio Chacón. Un matador avec une présence en piste, et du pouvoir face au toro. Lidiador solide. L'an dernier, à Vic-Fezensac, face à un toro de Dolores Aguirre, il proposa une lidia parfaite, dès l'entame à la cape, dans la façon de mener le toro à la pique et de diriger ensuite le combat. Sûrement l'une des lidias les plus abouties de sa saison, marquée par la régularité.
On voit chez Chacón en plus des qualités techniques une capacité à s'adapter, et à faire ressortir beaucoup de force de chaque combat.
Et pourtant, il y a quelques saisons à peine, il était condamné à l'anonymat des petites arènes. Ce jour où il a fait le paseo à Vic, en juin 2017, cela faisait quinze ans qu'il n'avait plus toréé dans le Sud-Ouest. Une novillada en 2002 à Saint-Sever. Une éternité.
Mais surtout un beau signe face au pessimisme, et quand on croit que tout est foutu. Ce qui n'est pas le cas.
On regardera donc avec attention cette nouvelle saison importante pour Octavio Chacón, mais également pour d'autres toreros capables de briller dans le même créneau.

Florent

(Photo de Niko Darracq : Octavio Chacón aux arènes d'Orthez)

2 commentaires:

  1. Salut Florent
    Si pessimisme il doit y avoir il me semble que c' est surtout pour l avenir de la corrida telle qu' on la connait encore aujourd'hui. Certains voudraient la "pérenniser" en donnant des spectacles comme cela se fait déjà en Californie avec des veaux engraissés pour qu ils fassent illusion, les cornes mutilées, sans picador, avec des banderilles fixées sur le dos par du scratch, sans mise à mort bien sur et tout cela en traje de luces déshonorant ainsi l ensemble du monde taurin. Certains acteurs du Mundillo ne seraient ils pas prêts à franchir le cap au cas où l Europe interdirait la vraie corrida avec mise à mort? Pour moi, je préfèrerais qu elle disparaisse plutôt que de voir (ou plutôt savoir, car je n irais pas) l existence de tels spectacles!
    Concernant la pérennité de toreros pour corridas "dures", je pense qu il y en aura encore notamment par le fait que beaucoup de jeunes espèrent devenir un jour "figuras" mais la réalité étant souvent toute autre, un certain nombre d entre eux, du moins ceux qui possèdent en eux une véritable aficion, accepteront de combattre des encastes difficiles aussi longtemps qu elles perdureront. Concernant ce dernier point, c est pas gagné pour les raisons que nous connaissons tous et je pense que cela peut être également un sujet d inquiétude voire de pessimisme. Alors ne ménageons ni nos voitures, ni notre temps ni nos porte monnaie et allons avec bonheur dans les arènes présentant des corridas avec des encastes minoritaires tant que cela est possible: c'est à la fois un acte de bonheur et un geste militant!!Patrick Sabatier 13300 Salon

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