mercredi 8 août 2018

Ce n'est pas qu'une question de moyens


Le rose et blanc, niveau habit de lumières, ce n'est pas ce qu'il y a de plus conventionnel. Mais Juan Carlos Carballo, ce dimanche à Parentis, face au premier novillo de Couto de Fornilhos presque aussi grand que lui, l'arbore fièrement, pour se croiser, entre les cornes, et toréer avec une vraie sérénité.
Ce rose et blanc, il le possédait déjà avant son repos forcé de quasiment deux saisons. Depuis sa blessure de juin 2016, et avant Parentis dimanche, il n'avait toréé qu'une seule novillada, dans son village d'Extrémadure, à l'été 2017.
Ce costume semble lui avoir porté bonheur en début de carrière. Et puis, quand on est novillero, on ne dispose pas d'une armada d'habits de lumières.
Le matador retiré Fernando Cruz, qui conseille Juan Carlos Carballo, en sait certainement quelque chose. La galère, les difficultés, il a connu et donné lui aussi dans le monde des toros. Aujourd'hui encore, l'afición du Sud-Ouest s'en souvient et elle aura toujours une opinion très respectable de lui.
D'entrée, avec l'entame à la cape, on pouvait remarquer le potentiel de Juan Carlos Carballo, qui ne semble pas avoir oublié ce qu'était se mettre devant un toro. Curieux et étonnant, oui, de trouver autant de métier chez ce jeune novillero, qui pourtant, a connu une longue interruption dans sa carrière ! Courage, répertoire classique, vision intelligente de la lidia, patience et aussi beaucoup de calme.
A 22 ans, il a le potentiel pour être parmi les plus en vue chez les espoirs. Mais Parentis-en-Born, dans son agenda, était seulement sa première de l'année 2018. Cette opportunité, il fallait lui donner à tout prix. Chose faite, et il obtint une oreille méritée après son premier combat, se retrouvant ensuite sans aucune option au second.
C'est surprenant de voir un tel novillero fouler le sable d'une arène pour la première fois au début du mois d'août alors que ses qualités et ses capacités méritent amplement mieux.
On a souvent entendu au cours de cette saison 2018, lors de retransmissions télévisées de novilladas, que tel novillero était le fils d'un humoriste, qu'un autre était celui d'un prestigieux directeur d'hôtels, etc... et que, à demi-mot, c'est en partie pour cette raison qu'ils faisaient carrière et étaient dans l'arène. Et qu'à vrai dire, s'ils toréent beaucoup, c'est parce qu'il y a des moyens derrière. Mais en réalité, ceux-là sont loin d'être les meilleurs sur le sable. Comme l'a prouvé Juan Carlos Carballo, la tauromachie, et particulièrement la qualité pour être un bon novillero, ce n'est pas qu'une question de moyens. L'attitude compte énormément. Juan Carlos Carballo est un excellent novillero, et on espère le revoir.

Florent

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