dimanche 5 août 2018

Parentis retrouve un grand lot


Deux fers, la même propriété : Aguadulce et José María Aristrain. Une histoire sulfureuse, car José María Aristrain, le patron, fait partie des plus grandes fortunes d'Espagne et a fait les gros titres de la presse à l'automne dernier sur le thème de la fraude fiscale. Restons-en là pour l'aspect extra-taurin.
Pour être honnête, quand les organisateurs de Parentis-en-Born ont annoncé il y a quelques mois l'élevage d'Aguadulce (l'eau douce) pour leur feria, il y avait de quoi être étonné, car on nous habitue beaucoup plus en ces lieux au Santa Coloma, dérivés, ou même à d'autres encastes plus rares que le Núñez d'Aguadulce. On ne s'attendait pas non plus à monts et merveilles quand on remarque quels sont les toreros habitués à affronter ces toros.
Pour retrouver un grand lot de novillos à Parentis-en-Born, il faut arrêter le curseur à la feria 2015 avec celui de Los Maños, qui avait vu triompher le colombien Guillermo Valencia. Depuis, rien de tel ou de comparable. Ce qui est surprenant, car de 2007 à 2015, il y a eu aux arènes de Parentis une série incroyable, avec dans chacune des ferias de ces années-là au moins un grand lot ou presque.
Les quatre novillos d'Aguadulce et les deux avec le fer de José María Aristrain (sortis en premier et en cinquième) ce samedi à Parentis ont composé un grand lot. Du beau Núñez, qui rappelle les meilleurs Alcurrucén, ou même les Retamar que l'on a pu voir à Pentecôte du côté de Vic-Fezensac.
Ces six novillos, élevés dans la province de Séville, à El Garrobo, sur la route de l'Extrémadure, ont vendu chèrement leur peau. Très bien présentés et armés, aux jolis pelages, braves en dix-sept rencontres au cheval, encastés, solides, avec de la mobilité, et beaucoup d'intérêt. Il y eut des exemplaires plus délicats, surtout le premier et à un degré moindre le quatrième, mais tous les autres offraient de belles possibilités.
Tandis que les novilleros, eux, ont navigué en eaux troubles, que ce soit Daniel García Navarrete (ovation et silence) que l'on a vu dans une meilleure forme par le passé et qui là s'est retrouvé décontenancé après un gros accrochage lors de son premier combat, Jorge Rico (sifflets après deux avis et bronca après trois avis), complètement hors du coup, effrayé par ses adversaires et qui a connu un authentique calvaire, ou bien El Adoureño (silence après deux avis et une oreille protestée), qui inquiète techniquement à peine un mois avant son alternative de Dax. Il est très léger de ce point de vue, restant à la merci des novillos sur de mauvais placements, semble malheureusement peu conseillé, et privilégie l'accessoire au basique. Il a obtenu face au sixième un trophée généreux après certes une estocade engagée au second essai... mais aussi une faena de quincaillerie. Ce n'est pas de gaieté de coeur de voir des novilleros passer à côté d'un tel lot. Le sixième exemplaire, Relojero, numéro 24, brave au cheval, provoqua une grande frayeur au picador Jesús del Bosque qu'il renversa et accrocha, le cavalier devant être évacué vers l'infirmerie pour être soigné d'une légère blessure. Fort heureusement, car cela aurait pu être dramatique. Après le tiers de piques, Relojero confirma qu'il était un grand novillo, avec une très belle charge dans la muleta.
Logiquement, à la fin de la course, et avec un si beau lot, le mayoral fut légitimement invité à saluer sous une belle ovation. Et l'on se demandait encore pourquoi certains garçons n'avaient pas été conviés, avec l'obligation de rester à la maison, entre autres, comme Aquilino Girón...

Florent

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