jeudi 20 septembre 2018

Les arènes du port


Depuis le printemps, j'ai dû changer une vingtaine de fois l'itinéraire de ce petit périple. Le samedi 8 septembre, j'avais prévu d'aller à Béjar, dans la province de Salamanque, qui est l'une des deux plus vieilles arènes d'Espagne et donne toujours une corrida à cette date.
Mais l'annonce à Béjar d'un lot de toros de Vellosino, aussi beau soit l'édifice, avait de quoi refroidir les ardeurs.
En ajoutant à cela que le motel correspondant était modifiable, et que Santoña pour sa part dévoila une affiche avec six toros de Victorino Martín pour El Cid, Juan del Alamo et Saúl Jiménez Fortes, le changement paraissait évident et inéluctable. Béjar, ce sera pour une autre fois.
Santoña, au Nord donc, dans la région de Cantabrie, donne également une corrida chaque 8 septembre, dans le cadre des fêtes de la Virgen del Puerto.
Un véritable régal que de découvrir cette petite ville et ses arènes. Paysage océanique et montagneux à la fois. La plaza de toros qui date de 1907 est au bord de l'eau, à l'entrée du chenal, et pourrait très bien être l'emplacement d'un phare ou d'une capitainerie.
Santoña est située au bout d'une presqu'île que l'on rejoint en traversant un parc naturel. Pour se garer en ce jour de fête, ce n'est pas évident car le territoire de la commune est vraiment petit.
Près des arènes, la promenade en bord de mer rappelle l'Histoire tragique et tumultueuse de l'Espagne. L'avenue qui y mène ainsi qu'un monument imposant sont à la gloire de Luis Carrerro Blanco, amiral né à Santoña, et président du gouvernement sous Franco. Il fut tué par un commando de l'ETA en 1973 à Madrid.
Outre les considérations historiques, Santoña est une cité fort agréable, du fait de son emplacement, et ce paysage est vraiment fabuleux. Aller aux arènes comme si l'on allait prendre un bateau, ou bien à la criée ou à la pêche à pied. Le littoral m'a rappelé celui de La Rochelle et ce qu'aurait (utopiquement) pu être une arène dans cette ville. Au bord de l'eau aussi.
A Santoña, incontournables sont les anchois, produit local par excellence, car il existe plus d'une cinquantaine de conserveries dédiées. Il convient d'en consommer et d'en ramener.
Il faudra revenir aussi un plus tard sur cette corrida fort intéressante de Victorino Martín qui fut proposée ce jour-là.
Les arènes sont assez grandes (environ 5.000 places), et les entrées réalisées sont plus que respectables, car il y avait cette année un quasi-plein malgré les places les moins onéreuses à 45 euros le jour de la corrida.
Avant le paseo, sur les gradins, des jeunes de Santoña scandèrent des "Viva la Virgen del Puerto", à l'occasion de ces fêtes où elle était célébrée, sur terre et sur l'eau.
Une très belle plaza, où la tradition taurine doit absolument être perpétuée. Assis sur les gradins soleil, on peut apercevoir en face au travers d'une porte les navires passer.
Le 8 septembre, Santoña donne très envie d'aller voir des toros en bord de mer...

Florent

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