lundi 24 septembre 2018

Viva El Cid


Il y a des choses comme ça que l'on garde précieusement, quelque part, dans un placard ou au fond d'un tiroir. Cette photo de Manuel Jesús "El Cid" illustre un article de la fin de l'année 2002 paru dans le journal Sud-Ouest. Le cliché, signé Jean-Daniel Chopin, date de la même année. Et en le regardant, il y a quelque chose d'indescriptible. Une émotion sur un visage, le temps qui s'arrête littéralement.
El Cid, ce jour-là à Bayonne, allait couper deux oreilles et la queue à un toro de Victorino Martín. Un moment marquant.
Alors cette photo, forcément, elle transmet et dégage beaucoup de puissance. Un titre juste au-dessus : "Les clameurs se sont tues".
A cette époque-là, El Cid avait tout juste deux ans d'alternative, puisqu'il la prit tardivement en l'an 2000 après une longue carrière de novillero.
Il en était au début de sa grande épopée qui allait le mener vers les sommets du toreo.
Manuel Jesús "El Cid" est un torero à part. Carrière atypique. Des corridas dures, d'autres beaucoup moins, et en fait, un peu de tout si l'on résume. Du tout-terrain.
En 2018, et à l'âge de quarante-quatre ans, El Cid est un torero que plus personne n'attend, et qui à première vue ne semble plus rien avoir à dire dans l'arène. Il faut dire que souvent, dans les derniers grands rendez-vous, il ne s'est jamais passé grand-chose.
Pourtant, dans des arènes secondaires, au moins deux fois cette année – certainement davantage... –, on a pu avoir l'impression de le retrouver sous son meilleur jour. A Osuna au mois de mai, déjà, avec une grande faena à un toro de Miura.
Et l'autre jour à Santoña, dans le Nord de l'Espagne. Une corrida sérieuse de Victorino Martín pour l'arène en question, brave au cheval, encastée, exigeante.
Ce qui est beau est la plupart du temps inattendu, et cela l'était totalement. Un toro de Victorino Martín, et El Cid qui s'avance, déploie la muleta, l'embarque à la seule force de son poignet gauche, le conduit, avec beaucoup de temple. Deux séries. Cette façon de commencer la passe, de la prolonger, puis de la terminer tout en douceur. Inexplicable. Une claque. Et la classe, oui, beaucoup de classe. Des passages que l'on garde en mémoire.

Florent

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