mardi 25 septembre 2018

Zestoa, la médiévale


En arrivant à Zestoa ce dimanche 9 septembre, le décor avait quelque peu changé par rapport à l'an passé. Une grue dans l'angle de la place, et le clocher de l'église en travaux.
José Manuel, aficionado assidu de Zestoa, racontait qu'en décembre 2017, un soir, un terrible orage de grêle s'était abattu sur la commune alors que les gens étaient tranquillement dehors. Tous cherchèrent le refuge dans le bar situé sur la place, ou à proximité. Une fois la tempête calmée, en ressortant, ils purent constater que le clocher avait été explosé... par un éclair.
Pas de panique, l'an prochain, il sera réparé.
Zestoa, ou Cestona en espagnol, à trente bonnes minutes de la frontière, est un village en plein coeur du Pays Basque, tout près d'Azpeitia, et qui comme sa voisine Deba, donne des novilladas sans picadors sur sa place principale.
Deux novilladas par an et une forte identité. Ici, on a même voté pour le maintien ou non de la tradition taurine. Des élus hostiles à la tauromachie proposèrent un référendum, et figurez-vous que très majoritairement, les administrés se prononcèrent pour la continuité !
La tradition taurine à Zestoa est très ancienne, puisqu'elle remonte à 1666. En 2016, les fêtes avaient accueilli un paseo de plus, pour fêter les 350 ans.
Ces arènes, où l'on peut faire rentrer à peu près 600 personnes au maximum, ont un charme fou.
Une place ancienne, des balcons, et cette piste comme un long couloir en pente. La veille, la première novillada s'était célébrée à guichets fermés.
Ce dimanche, le temps se dégrada au fil de la journée, et il pleuvait au moment où le novillero sans picadors Borja Collado, de Valencia, le sobresaliente Alejandro Contreras, et les trois subalternes Rafael Cañada, Asier Campos et Alexis Ducasse, firent le paseo.
Il n'y a que deux erales lors des novilladas de Zestoa, et les courses sont très rapides. Une fois terminées, on lâche dans l'arène six novillos ou vaches provenant d'élevages de la région pour des jeux d'esquive.
La novillada fut mouvementée, car Borja Collado n'estoqua aucun des deux erales d'Adolfo Rodríguez Montesinos. Le premier le blessa à la cuisse en milieu de faena. C'est son camarade d'école taurine, Alejandro Contreras, qui finalement, eut à affronter et estoquer les deux pensionnaires encastés de l'élevage de Montesinos, aux pelages gris.
Le mieux pour assister aux courses de Zestoa est d'arriver tôt, et de tenter de se mettre debout, derrière les barrières, du côté du bar Koiote. On peut apprécier aussi l'entrée en piste de l'orchestre municipal, qui joue magistralement "Amparito Roca", le pasodoble attitré du village.


Florent

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