dimanche 14 octobre 2018

Aguilar


Hier à Illescas, dans la province de Tolède, Alberto Aguilar a enfilé pour la dernière fois un costume de lumières. Pas de tournée d'adieux pour lui, car c'était seulement la troisième corrida de sa saison 2018 en Europe, après Alès et Madrid au mois de mai.
Il est contraint d'arrêter sa carrière à cause des séquelles d'un coup de corne reçu il y a maintenant cinq ans en Colombie.
On aurait aimé le voir avec une dernière temporada un peu plus fournie, et il est vrai que les blessures ne l'ont pas épargné.
Point commun avec d'autres toreros, après un passage à vide, c'est en France qu'Alberto Aguilar a relancé sa carrière.
Pour lui, c'était il y a dix ans, à l'été 2008. Avec seulement deux cartouches, deux corridas sérieuses, une de Victorino Martín à Beaucaire et une de Jean-Louis Darré à Vic-Fezensac. Deux succès et deux sorties en triomphe. C'est son apoderado de l'époque, l'ancien matador français Stéphane Fernández Meca, qui est parvenu à le faire revenir de l'oubli.
Début 2009, pas de chance pour Alberto Aguilar, avec une blessure au genou qui lui bousilla complètement la saison, le laissant inactif jusqu'au mois de septembre.
Mais en 2010, enfin, et avec patience, sa carrière put prendre le rythme qu'elle méritait. Pas loin d'un grand chelem cette année-là en France dans les arènes toristas : grand triomphe devant les toros de Palha à Vic-Fezensac, tout près d'un immense succès à Céret face aux Escolar Gil (peut-être la meilleure faena en France de toute sa carrière face au toro "Cuidadoso", qu'il avait dédié à Jean-Jacques Baylac...), et combat épique avec un terrible toro de Prieto de la Cal à Saint-Martin-de-Crau.
Des succès, il y en eut bien d'autres plus tard, en France ou dans de grandes arènes espagnoles. Que ce soit Dax, Valencia ou Madrid...
Discrète saison d'adieux pour un torero que l'on a apprécié et qui a laissé de très grands souvenirs face aux corridas dites "dures".


Florent

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