mercredi 17 octobre 2018

Le col d'Ares


Pour s'y rendre, c'est à Céret que commence l'ascension et la route de montagne. Céret que l'on connaît, et où l'on aime chaque année se rendre au mois de juillet. Les paysages sont jolis, à Amélie-les-Bains, Arles-sur-Tech, Prats-de-Mollo, tout cela du côté du département des Pyrénées-Orientales.

Puis l'arrivée au col d'Ares, à 1.500 mètres d'altitude, un lieu historique à bien des égards, parfois tragiques. De là, on a une vue imprenable sur le Canigou.
Le col d'Ares marque la frontière, et à peine quelques kilomètres après se situe le village de Camprodon. Au calme, loin de toutes les actualités, des secousses du débat sur la Catalogne, ou sur la tauromachie que beaucoup dans cette région disent ne pas voir en peinture. Et pourtant, s'il n'y a plus de corridas, des courses de taureaux, que l'on appelle ici "correbous", dans le Sud de la Catalogne, il y en a encore plein.
À Camprodon, le maître des lieux, c'est Andrés Moreno, ancien matador de la fin des années 70 et des années 80.
En ces lieux retirés, il possède un petit élevage au nom de ses filles, Alicia et Verónica.
Andrés Moreno est sincère sur le type du toro qu'il recherche, et sa démarche dénote. La génétique, les origines, il s'en fout ! Il a par ailleurs du Coquilla, du Buendía, du Domecq... et n'hésite pas à les mélanger. Ce qui lui plaît, c'est un toro au gabarit modeste, vif, agressif, mobile. Cela lui rappelle certainement l'époque de ses débuts dans l'arène, où ce genre d'animal existait davantage qu'aujourd'hui.
À ma grande surprise, la première visite près des bêtes... se fit à pied. Avec le relief et de nombreux arbres, il y a de quoi avoir une petite sécurité que n'offrirait pas un campo en plaine. Puis en 4X4 ensuite, au milieu de cet endroit improbable, incroyable. Des toros, dans les Pyrénées, à 1.500 mètres d'altitude, dans une région hostile à la corrida. Et puis, il y a la proximité de cet ancien torero avec ses bêtes.
Au retour, la route à emprunter est différente de celle de l'aller. De nuit, passer par Olot et Figueres est bien plus commode. Le temps de repenser aux mille anecdotes d'Andrés Moreno. Parmi elles, une novillada d'été dans les années 70 à Céret. Ce jour-là, il toréait avec Morenito de Maracay, que le public était venu voir. Dans une putain d'ambiance, avant même que ne commence la course, il raconte que les gens scandaient "Maracay ! Maracay !".
Qu'il soit sur le devant de la scène, vedette, artiste, ou spécialiste des corridas dures, pour Andrés Moreno, ce qui est primordial chez un torero, ce sont les attributs. Un torero sans courage, dit-il, cela n'a jamais existé.


Florent










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