jeudi 18 octobre 2018

Prieto de la Cal aux reflets d'or


Souvent, quand ils foulent le sable des arènes, les superbes toros de Prieto de la Cal ont fait un long voyage. Pour s'en assurer, il faut aller jusque là-bas, tout près de Huelva, entre les villages de Niebla et San Juan del Puerto. La propriété dite de "La Ruiza" est située à cet endroit-là. Ah oui ! Effectivement, cela fait bien loin des arènes où est prisé cet élevage. Car on est en Andalousie, à l'Ouest, vers le Portugal. Et pourtant, il est rarissime de voir le nom de Prieto de la Cal à l'affiche d'une grande arène de la région. Souvent, ces toros-là sont combattus ailleurs, loin, très loin.
Le long de la route, on devine les toros à leurs silhouettes multicolores. De l'autre côté, la propriété est bordée par le Río Tinto, une rivière à la couleur si particulière, que l'on peut notamment apprécier au pied du pont romain de Niebla.
Les Prieto de la Cal, en fait, sont prisés par une petite parcelle de l'afición. Tout le monde, pourtant, connaît ce nom dans le monde de la tauromachie. Mais beaucoup préfèrent l'ignorer, voire pire, le dénigrer. Il y a quelques années, un site taurin des plus fréquentés avait écrit, à propos d'une course de Prieto : "Jolis pour la photo... et pour l'abattoir". Cela montre un peu le niveau.
Et pourtant, cette année, les Prieto de la Cal ont vraiment fait une très belle saison. Loin des grandes arènes, loin de la France aussi, où ils venaient régulièrement au cours des saisons précédentes.
Le toro de Prieto de la Cal fascine de par son aspect, et plus largement de par sa variété, en robes et en comportements. Toro ancestral auquel on s'attache et que l'on aime suivre, comme se plaît à les suivre leur patron, Don Tomás Prieto de la Cal, qui a commencé très jeune l'aventure de ganadero.
L'entrée en piste d'un toro de Prieto de la Cal peut procurer à elle seule quelque chose d'extraordinaire. Comme c'est beau un Prieto...
Mais au-delà de leur aspect extérieur, on doit remarquer que leur saison écoulée a été un succès.
Si les deux lots destinés aux corridas ont par pur hasard été combattus le même jour, 15 août, à Roa de Duero (province de Burgos) et Tafalla (Navarre), celui de Tafalla a donné satisfaction, avec plusieurs toros combatifs à la pique et encastés. Il y avait un peu de tout dans ce lot, mais avec des choses fort intéressantes. Le matador Joselillo avait touché le plus suave d'entre eux, ce qui lui permit de dessiner une bonne faena, relâchée, avec de beaux passages de la main gauche.
Le matin, déjà, dans les rues de Tafalla, les Prieto de la Cal avaient offert un encierro mouvementé et spectaculaire. Ce sont eux qui remportèrent le prix mis en jeu dans cette feria, tout comme à Pedrajas de San Esteban (province de Valladolid) une semaine plus tard, dans le cadre d'une feria de novilladas.
À cet échelon, la saison 2018 de l'élevage a même été plus que complète car il y eut un lot de novillos intéressant à Lodosa, toujours en Navarre. Et puis, bien sûr, au mois de septembre, la course de Calasparra, qui est l'une des plus importantes ferias de novilladas. Un lot avec six exemplaires aux pelages clairs, et offrant un après-midi passionnant de bout en bout.
La saison se termina quelques semaines plus tard, à Saragosse, une grande arène cette fois, avec un toro destiné à une corrida-concours. Un toro de belle apparence, mais qui était largement dépassé en qualité par plusieurs congénères combattus le 15 août à Tafalla.
Les toros de Prieto de la Cal, souvent, sont destinés à des arènes secondaires, loin de la fureur des grandes ferias. Mais il ne faut pas les perdre de vue. Ils ont une histoire, un caractère, et plein de couleurs.

Florent

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