vendredi 5 octobre 2018

Zapato de Oro


"Y el diestro que ha triunfado, se lleva el Zapato de Oro", dit la fin du refrain du pasodoble "feria taurina de Arnedo", repris par le public à chaque fois que l'harmonie locale le joue, le plus souvent pendant des faenas.
Arnedo, en Rioja, est la feria de novilladas la plus célèbre de ces trente dernières années. Le novillero qui en est le triomphateur remporte donc le fameux trophée, qui vaut une petite fortune, car c'est un soulier en or massif. La spécialité d'Arnedo, c'est la fabrication de chaussures.
Jusqu'à la fin de l'année 2009, il y avait au bout du Paseo de la Constitución un petit bijou, une arène très coquette datant de 1903, et d'une capacité d'un peu moins de 2.000 places. Pendant la feria de fin septembre / début octobre, pour les fêtes de San Cosme y San Damián, énormément de toreros devenus ensuite célèbres y sont passés. Certains ont remporté le Zapato de Oro, tandis que d'autres non, car ce ne sont pas toujours les favoris qui y ont été consacrés.
Les premiers trophées du Zapato de Oro ont été remis au début des années 70, mais la forme actuelle de la feria remonte à 1979. Cette année-là, dans l'ancienne plaza, c'est Richard Milian qui avait gagné le trophée.
Malheureusement, de cette arène où l'on était à l'étroit mais où régnait une grande ambiance, il ne reste plus que deux portes. C'est un projet immobilier qui a remplacé l'arène, et qui par ailleurs, huit ans après, est encore en travaux. Vision d'une Espagne qui a connu la crise de plein fouet.
Cette arène abritait ainsi la plus célèbre des ferias de novilladas, aujourd'hui concurrencée – voire dépassée... – par d'autres qui font les choses bien et attirent chaque année de plus en plus de monde. Arnedo ne semble malheureusement plus un leader en la matière.
Au début de l'année 2010, les nouvelles arènes d'Arnedo ont été inaugurées avec une corrida au cartel fort : Julio Aparicio, José Tomás et Diego Urdiales face à des toros d'El Pilar. Des prix exorbitants ce jour-là, mais le plein assuré.
Les nouvelles arènes, d'une capacité de 6.000 places, modernes, avec une toiture amovible, sont certes plus spacieuses et plus commodes que les précédentes, mais beaucoup plus froides et sans ressemblance aucune.
D'ailleurs, une novillada faisant le plein dans l'ancienne plaza, ce serait aujourd'hui un tiers ou un quart d'arène.
Du fait de l'arrivée de la nouvelle arène, et bien que le format de feria soit identique avec cinq novilladas, Arnedo a complètement changé. Ce n'est plus la même identité, ni la même ambiance.
Il faut dire aussi qu'il y a maintenant moins de novilladas chaque saison, et que les novilleros qui viennent toréer à Arnedo ont moins de chance d'être en vue comme les stars de l'époque. Car il est rare aujourd'hui de trouver des figuras dans les novilladas.
Si désormais les entrées enregistrées aux arènes sont décevantes, Arnedo maintient toujours cette feria. Peut-être qu'un effort au niveau torista permettrait de faire venir davantage de monde. Cette année, c'est l'élevage de José Escolar Gil qui a obtenu les prix mis en jeu. Tandis que d'autres novilladas, comme celle de Casasola combattue le lundi, ont été des désastres. Avec un tiers de piques limité à sa plus simple expression.
C'est le portugais João Silva "Juanito" qui a remporté le Zapato de Oro, après avoir affronté le dimanche les novillos d'Escolar. Le mardi, face à un lot de Fernando Peña de peu de forces et aux comportements différents, les trois novilleros à l'affiche auraient également pu y prétendre : Rafael González, Francisco de Manuel et Manuel Diosleguarde.
Certes, le rayonnement d'Arnedo ne sera plus jamais le même qu'avant, comme si l'apogée était passée. Mais à voir cette feria de novilladas, et tous les événements qui y sont organisés au cours de la journée, en faisant par exemple découvrir la tauromachie aux enfants, on se dit qu'elle mérite d'être maintenue longtemps encore.


Florent

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