jeudi 22 novembre 2018

Toro mystère


À chaque fin de saison, et parce que les moyens technologiques de l'époque le permettent, c'est l'occasion de découvrir ou de revoir plein de clichés de toros que l'on a pu voir au cours de l'année écoulée. En piste, aux corrales, ou dans leur milieu naturel.
Dans un lot de toros, ce n'est d'ailleurs pas toujours celui que l'on avait remarqué au préalable qui s'est ensuite détaché en piste.
Mais un très beau toro, ne serait-ce que sur une photo, on l'imagine quelques semaines ou mois plus tard. Son entrée en piste, et l'enthousiasme qu'il pourrait soulever.
L'hiver dernier, cet exemplaire de l'élevage de Juan Luis Fraile, Garbancito, numéro 8, faisait déjà forte impression en photos. Et ce fut certainement encore plus pour ses visiteurs. Un toro à la silhouette élancée, à la fin de l'hiver, et avec un berceau de cornes impressionnant. En imaginant aussi qu'il faudrait bien du courage à celui qui irait s'aventurer devant.
Vic-Fezensac et Céret semblaient être les arènes où il fallait être pour admirer ce toro. Et cela du fait d'un imbroglio. Vic-Fezensac dans le cadre d'une corrida-concours, et Céret pour une corrida complète de Juan Luis Fraile. Une situation complexe, où il semblerait que l'élevage ait dit oui aux deux plazas toristas les plus réputées de France. Deux arènes en porte-à-faux.
Pour l'aficionado, ce Garbancito faisait croître la curiosité. Et il faut dire que l'on était content, car il y a quelques saisons à peine, on ignorait même si l'élevage de Juan Luis Fraile allait de nouveau proposer un jour une corrida dans une arène.
Et puis, finalement, en 2015, à la grande surprise, deux corridas furent destinées à des arènes françaises, à Aire-sur-l'Adour puis à Céret.
Céret, où revenait cette année un lot complet de Juan Luis Fraile. Une corrida très sérieuse, typée, armée, dure et exigeante. C'est Sortijero, le numéro 9, un toro de cinq ans, qui a marqué l'après-midi sur le sable de l'arène catalane. Un combattant difficile, mais un sacré toro.
Et à Vic-Fezensac, il n'y eut pas de toro de Fraile pour la corrida-concours. Pas de numéro 8.
Au début du printemps, ce fameux Garbancito était retrouvé mort dans les pâturages par ses propriétaires. Ni Vic ni Céret. Un toro mystère.

Florent

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