lundi 4 mars 2019

L'îlot de barbarie, il t'emmerde


En parcourant la presse quotidienne régionale la semaine dernière, on pouvait apprendre que le CRAC Europe avait ajouté une ligne à son catalogue de procédures. Cette fois, après avoir été déboutée en première instance, il était question de l'appel de l'association en question devant la CAA de Marseille, pour la demande d'interdiction des écoles taurines aux moins de 18 ans. Il faut dire qu'à chaque échec juridictionnel, le CRAC – et d'autres association anti-taurines – innovent en cherchant systématiquement un nouvel angle d'attaque.
La décision a été mise en délibéré et a bien peu de chances d'aboutir. Dans ses conclusions, si le rapporteur public M. Michaël Revert a demandé le rejet des requêtes car n'étant pas fondées en droit, il a également tenu des propos invraisemblables.
"Les corridas en France continuent de constituer une forme d'îlot de barbarie légale".
Loin de toute impartialité, ces propos ne correspondent à aucune réalité juridique, et méconnaissent complètement la jurisprudence : judiciaire, administrative et constitutionnelle, qui a toujours été favorable à la tauromachie.
Cette considération, au fond, est aussi dangereuse que scandaleuse.
Elle signifierait que chaque commune, chaque organisateur de courses, chaque acteur en piste, chaque spectacteur, est détenteur d'une parcelle de barbarie ! Cet ensemble formant un îlot, légal... mais barbare !
Ces propos inédits dans ces circonstances, s'ils ne risquent pas de jouer sur la procédure en cours, sont quand même fort contestables.
Car la barbarie, en saisissant le premier dictionnaire à portée de main, on remarque que c'est le caractère de quelqu'un ou de quelque chose d'inhumain.
Et la France a assez souffert en matière de tragédies barbares ces dernières années, depuis le début de l'année 2015 notamment, pour que ce terme puisse être utilisé pour qualifier des choses qui n'ont aucun rapport.
Mais nous sommes à une époque où la petite phrase et son impact importent davantage que le fond et les idées. Il est effrayant, et ce n'est pas nouveau en lisant de nombreux commentaires sur la toile, de voir que la corrida figure pour certaines personnes dans les hautes sphères d'une pyramide de l'horreur.
En France, la corrida existe depuis maintenant bien longtemps. Elle vient d'Espagne, le pays voisin, et son implantation chez nous dans des communes ou dans des régions est due à des raisons aussi nombreuses que passionnantes.
Aussi, elle perdure et intéresse, s'avérant être autre chose qu'une barbarie. Les territoires de la tauromachie en France, de la Méditerranée à l'Atlantique, sont par ailleurs bien plus qu'un petit îlot.
Et historiquement, il y eut même des corridas à Bordeaux, Marseille, Toulouse, Paris, Le Havre, Roubaix, ou même Vichy récemment encore.
Aujourd'hui, l'existence de la tauromachie est concentrée sur les régions méridionales du pays, là où elle s'est le plus profondément ancrée, pas si loin de sa terre natale.
Du fait des habituelles polémiques amplifiées par les moyens de communication actuels, la corrida est un thème qui fait parler, débattre, et couler de l'encre. Qui, pourtant, pourrait le mieux s'exprimer à son sujet que ceux qui s'intéressent à elle et en ont fait leur passion ?
Si certains médias parlent de barbarie ou d'atrocité, ils n'interrogent jamais ou presque les personnes qui aiment la corrida, afin de connaître leur vérité, et les raisons pour lesquelles elles se rendent aux arènes. Le résultat serait surprenant, et contre-productif pour les polémistes, dont l'hypothèse de spectateurs barbares et sanguinaires serait complètement contrecarrée.
Car en tant qu'aficionado, on parle avant tout d'un milieu naturel unique, celui de taureau de combat, et dans l'arène, de valeurs, de solidarité des hommes face au danger, de beauté, de force, de courage. Tant de choses.

Florent

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