mercredi 27 mars 2019

Roca Rey


"Roca Rey efface El Juli et Talavante de la carte de Jerez". C'est cette sentence, qui envoie du bois, que le journaliste Francisco Orgambides érigea en titre pour évoquer la corrida du 11 mai 2018 à Jerez de la Frontera.
En voyage, j'aime bien découvrir des journaux régionaux ou locaux. Là, en l'occurrence, le Diario de Jerez. Et pour cette corrida, un titre puissant, venant refléter parfaitement ce qui s'était passé en piste.
Jerez est une arène de deuxième catégorie, tout aussi secondaire sur le calendrier entre les rendez-vous de Séville et de Madrid. Mais comme cela arrive parfois pour certaines corridas qui paraissent sans enjeu, on peut tirer des enseignements.
Ce jour-là à Jerez, les toros de Núñez del Cuvillo, de modestes gabarits, n'avaient rien d'exceptionnel. Et les toros destinés à Roca Rey n'étaient pas spécialement meilleurs que ceux d'El Juli et de Talavante. Pire, par manque de forces et d'étincelles, ils semblaient davantage tirer vers le médiocre que le bon. Mais face à une telle opposition, le torero péruvien est parvenu à réaliser des prouesses, avec talent et créativité. Certes, Jerez de la Frontera est une arène où le public peut rapidement s'enflammer, bien plus qu'à de nombreux autres endroits, mais l'impression était là. Roca Rey souleva l'arène, coupant quatre oreilles et une queue, et surtout, sortit seul en triomphe.
Cette corrida, à elle seule, c'était l'illustration du tourbillon que représente Andrés Roca Rey. Une évolution très rapide de sa carrière, et la sensation que quelque chose est en train de changer dans la tauromachie. Comme une nouvelle époque.
Roca Rey a seulement 22 ans, et l'on espère qu'il tombera moins dans les travers que les vedettes auxquelles il semble succéder.
Déjà, en se prêtant au jeu du "bombo" à Madrid, il affrontera pour la prochaine feria de San Isidro la corrida d'Adolfo Martín, ce qui est quelque chose de fort intéressant. Espérons qu'il saura à l'avenir maintenir ce cap et se mesurer à une certaine variété d'élevages.
Roca Rey est arrivé au plus haut niveau avec fraîcheur, détermination, puissance dans sa cape et sa muleta, et aussi en foulant des terrains risqués, en s'exposant énormément devant les toros.
La tauromachie avait besoin d'un Roca Rey comme nouvelle vedette. Un vent nouveau. Actuellement, si l'on met à part José Tomás et le nombre restreint de corridas qu'il torée chaque année, Andrés Roca Rey est celui qui attire le plus de monde aux arènes. Et surtout, il met totalement en péril la hiérarchie établie depuis de longues années.


Florent

2 commentaires:

  1. Bonjour Florent,

    fraîcheur, maîtrise , audace et surtout surtout jeunesse!
    une page FB ou on peut voir se jeune dieu essayer des ferraris , écouter du regaeton , faire joujou avec son iphone .bref: la connexion parfaite avec les centres de kif de la génération 17/25.
    et si cela peut permettre de ramener de la jeunesse sur les gradins, qui serions nous pour nous en plaindre?
    et si cela peut permettre d'initier tout une nouvelle génération aux subtilités d'un Dieguo Urdiales ou d'un José Tomas là aussi qui serions nous pour nous en plaindre?
    esto mundo se acaba ? le péruvien magique y peut sans doute quelque chose.... mais il est peut etre un peu seul devant l'ampleur de la tache.
    bonne temporada à tous!!
    Christian

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  2. Roca Rey est arrivé au plus haut niveau avec fraîcheur, détermination, puissance dans sa cape et sa muleta, et aussi en foulant des terrains risqués, en s'exposant énormément devant les 1/2 "toros".

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