mardi 27 août 2019

Peñafiel

En arrivant à Peñafiel par la route venant du Sud durant les fêtes locales, le chemin est bloqué par les barrières de l'encierro. À cet endroit sont situés les corrales dits de Valdobar, où avant 9 heures 30 du matin, les gens s'agglutinent afin de voir les bêtes qui vont parcourir l'encierro. Les murmures sont tellement nombreux autour de cet enclos que l'on dirait qu'il renferme des aurochs. En fait, il s'agit de novillos au gabarit plutôt modeste. Quoi qu'il en soit, l'appel des cornes crée l'engouement.
Pendant ce temps, derrière la statuette de San Roque, le saint-patron de Peñafiel, on entend la cloche d'une chapelle retentir sans arrêt jusqu'au pétard signifiant le départ de l'encierro.
Et l'encierro de Peñafiel, il est extrêment long, pas moins d'un kilomètre et demi entre les corrales et la "Plaza del Coso", centre névralgique de la fête.
Une grande place, de construction empirique, et surplombée par un château. Pendant la semaine des fêtes de San Roque, au pied des balcons de cette place, on donne des capeas, un festival, une corrida à cheval, et un concours goyesque de recortadores.
Peñafiel, en Castille, dans la province de Valladolid, c'est vraiment un lieu à voir.
Les rendez-vous taurins, pourtant, sont très nombreux à cette date. Il ne convient guère d'aller bien loin pour en trouver. En France, traditionnellement, on a des toros à Bayonne, Dax, Béziers et Roquefort-des-Landes autour du 15 août.
Mais il faut sacrifier les habitudes et un jour découvrir d'autres endroits. Des fêtes populaires, célèbres ou méconnues. Des arènes où parfois les torils sont des portes de garages. L'héritage historique, et l'engouement de ces fêtes. Tant de lieux où les arènes se remplissent à l'appel du toro.
La curiosité de Peñafiel, ce sont les capeas en double. On ouvre la porte une première fois pour faire entrer un toro en piste. Et une seconde, afin qu'un toro navigue dans le périmètre situé autour. Sacré folklore.

Florent

dimanche 11 août 2019

La peur aux trousses


Au fil des années, les routes du mois d'août ne se ressemblent jamais. Je me souviens une fois avoir fait le chemin vers les novilladas de Carcassonne avec un copain. Et puis, quelques mois plus tard, silence radio, le voilà disparu de la circulation. Il ne donna plus de nouvelles et on ne le revit jamais dans une arène. Quelques années plus tard, j'ai appris qu'il s'était en réalité coupé du monde pour devenir prêtre.
À Parentis, où l'on fête cette année le centenaire de la première course, il y a eu un bouquin sur l'histoire de la tauromachie locale, signé Jean-Pierre Fabaron, avec comme titre éloquent "La peur aux trousses".
Hier, pour la novillada d'Aguadulce, ce titre avait de façon frappante de quoi revenir en mémoire.
En cause, le combat du dernier novillo, "Herradillo", numéro 31, de gabarit normal, bien armé, et destiné au mexicain Héctor Gutiérrez, qui déjà avait montré peu de confiance lors de son premier combat.
Face à ce sixième, il a littéralement été pris de panique, chutant même à cause de l'effroi après avoir essayé de porter l'épée. Chose surprenante, car il semble jusqu'à présent mener une carrière fort honorable.
Mais le pensionnaire d'Aguadulce, qui avançait lentement, attendait, réfléchissait, et surtout l'observait avec un regard perçant, sembla le déstabiliser complètement.
Dans l'arène, on évalue toujours les toreros en fonction de leur métier, de leur expérience et de leurs capacités. Et aussi par rapport à leurs adversaires et leur degré de difficulté. Parfois, certains dépassent les limites du courage et sont héroïques.
En revanche, ce métier étant si difficile, jamais on ne dira ou écrira d'un torero qu'il a manqué de courage.

Florent