dimanche 11 août 2019

La peur aux trousses


Au fil des années, les routes du mois d'août ne se ressemblent jamais. Je me souviens une fois avoir fait le chemin vers les novilladas de Carcassonne avec un copain. Et puis, quelques mois plus tard, silence radio, le voilà disparu de la circulation. Il ne donna plus de nouvelles et on ne le revit jamais dans une arène. Quelques années plus tard, j'ai appris qu'il s'était en réalité coupé du monde pour devenir prêtre.
À Parentis, où l'on fête cette année le centenaire de la première course, il y a eu un bouquin sur l'histoire de la tauromachie locale, signé Jean-Pierre Fabaron, avec comme titre éloquent "La peur aux trousses".
Hier, pour la novillada d'Aguadulce, ce titre avait de façon frappante de quoi revenir en mémoire.
En cause, le combat du dernier novillo, "Herradillo", numéro 31, de gabarit normal, bien armé, et destiné au mexicain Héctor Gutiérrez, qui déjà avait montré peu de confiance lors de son premier combat.
Face à ce sixième, il a littéralement été pris de panique, chutant même à cause de l'effroi après avoir essayé de porter l'épée. Chose surprenante, car il semble jusqu'à présent mener une carrière fort honorable.
Mais le pensionnaire d'Aguadulce, qui avançait lentement, attendait, réfléchissait, et surtout l'observait avec un regard perçant, sembla le déstabiliser complètement.
Dans l'arène, on évalue toujours les toreros en fonction de leur métier, de leur expérience et de leurs capacités. Et aussi par rapport à leurs adversaires et leur degré de difficulté. Parfois, certains dépassent les limites du courage et sont héroïques.
En revanche, ce métier étant si difficile, jamais on ne dira ou écrira d'un torero qu'il a manqué de courage.

Florent

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