jeudi 10 octobre 2019

Algemesí, rectangle magique


Prendre place sur les gradins des arènes d'Algemesí, c'est goûter à l'impression de voir des toros pendant la récré, car le public y est jeune. La météo très clémente de la région de Valencia à cette saison en fait une plaza fort agréable.
La semaine taurine d'Algemesí, dite "Setmana de bous" en valencien, s'étend sur neuf jours. La composition des dernières saisons, et 2019 n'échappe pas à la règle, ce sont six novilladas piquées, deux non piquées, et une corrida de rejón en clôture. Traditionnellement, dans plusieurs des novilladas piquées, il y a un rejoneador en intermède.
Étonnant, car la piste, pourtant, n'est pas la plus adéquate pour cette discipline. Elle a une forme et une dimension comparables à un court de tennis.
À Algemesí, il n'existe pas de guichets habituels pour acheter les places. Les gradins sont montés sur la Plaza Mayor de la commune, où se situent la mairie et l'église. 29 tribunes au total, appelées "cadafals", et montées par les peñas. On peut retrouver sur Youtube des vidéos explicatives qui montrent le fascinant montage annuel de l'arène.
Chaque peña vend les places correspondantes. On peut s'en procurer dans les casetas de chaque peña situées sur l'esplanade pas très loin des arènes, ou au pied des gradins pendant l'heure avant la course, ou encore en amont en rentrant en contact sur Whatsapp avec des responsables de peñas les jours précédents.
Tout cela peut paraître folklorique, mais Algemesí est à l'heure actuelle en Espagne la feria de novilladas la plus ancienne, et donc la plus pérenne.
L'ambiance euphorique, festive, est pittoresque. Avec ces enfants qui, à la moitié de chaque course, envahissent la piste pour faire signer des autographes et prendre des photos avec les novilleros qui ne sont pourtant pas des vedettes.
Le mercredi 25, les novillos de Puerto de San Lorenzo et La Ventana del Puerto, pas fantastiques, ont été combattus par Tomás Rufo, qui connaîtra deux jours plus tard la joie d'une grande porte madrilène, et Alejandro Mora, qui laissa les gestes les plus remarquables, estoqua bien les deux fois, et obtint le seul trophée de l'après-midi.
En parlant de prix, la semaine taurine d'Algemesí comporte deux trophées majeurs. La "Naranja de Oro" et la "Naranja de Plata", récompensant respectivement le novillero avec picadors triomphateur et le novillero sans picadors triomphateur.
Cette année, le trophée de l'Orange d'or, c'est le valencien Miguel Polope qui l'a remporté, alors que son concitoyen Jordi Pérez dit "El Niño de las Monjas" semblait lui aussi pouvoir y prétendre.
Lors de la novillada du samedi 28, un novillo récalcitrant de l'élevage d'Alejandro Talavante s'est barré des arènes, sema la panique, et blessa légèrement trois personnes avant d'être abattu par la police à 500 mètres de là. Sans plus de remous, car la novillada et la feria ont ensuite continué.
Cette jeunesse d'Algemesí est belle à voir. Et ce sens de la fête sur les gradins, avec ces déguisements d'Astérix, d'Obélix et de soldats romains. Une ambiance à part, un truc à voir. Le sentiment de retourner en enfance.

Florent

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