mercredi 9 octobre 2019

Montero


Ce jour-là, au micro de la chaîne régionale qui diffusait la course en direct, Francisco Montero a paraît-il déclaré qu'il aimerait être quelqu'un dans ce monde des toros. Être quelqu'un, modestement, humblement, et se faire une petite place. Tandis que d'autres novilleros, au même stade d'une carrière, affirment déjà vouloir être des "figuras del toreo". Ce qui n'est pas spécialement une bonne idée, car il convient de cacher ses ambitions. En les dévoilant et en les affichant, ce qui suscite beaucoup d'attentes, les revers sont forcément plus lourds.
Dans les arènes de Villaseca de la Sagra, qui affichaient le plein, il y avait ce jour-là une grande ambiance. Villaseca est sans conteste l'une des meilleures ferias de novilladas du moment.
Et l'une des images fortes de la saison 2019, quinze jours après avoir réalisé la même prouesse à Madrid, était de voir Francisco Montero s'enrouler dans sa cape de paseo pour aller accueillir le dernier novillo de Monteviejo, à genoux face au toril.
Dans les airs, l'atttitude, et avec une envie absolue de bien faire, Francisco Montero fait penser aux novilleros de quand il n'y avait pas encore la télé en couleur. Pourtant, son parcours aussi atypique que remarquable, a parfaitement sa place dans la tauromachie d'aujourd'hui.
Partir de la rue, des capeas, et de l'anonymat, afin de prouver dans l'arène, à 27 ans, toute sa détermination.
Francisco Montero, de par sa trajectoire dans le monde des toros, vient de rappeler cette année quelque chose d'essentiel. En novillada, ce qui compte le plus, c'est l'envie. Elle prime sur les formes et la technique qui elles viendront ensuite. A vouloir trop être privilégiées par certains, elles font devenir les novilladas trop conformistes. Ce qui ne devrait pas être le cas.
Des novilladas, Francisco Montero n'en avait pas une seule de signée avant le début de l'été.
Cette saison, avec son seul costume blanc et argent qui a morflé du fait de son énorme engagement, Francisco Montero s'est exposé avec grand courage face à des novilladas imposantes et souvent plus que sérieuses.
Sous le ciel gris de Villaseca de la Sagra, le lot de novillos Monteviejo que l'on avait souvent vu depuis plusieurs mois en photos était, de par sa présence, une corrida de respect. Montero a obtenu deux fois une oreille, et a prouvé une fois de plus sa faim de toros, lui qui récemment encore était sur le banc de touche. Une forte impression. Au cours du même mois de septembre, à Peralta, en Navarre, Francisco Montero a été désigné triomphateur de la feria, et à Arnedo, dans la région voisine de La Rioja, il a remporté le prestigieux trophée du Zapato de Oro. Le caractère et la détermination sont deux choses essentielles pour tout novillero. Et en plus de cela, Francisco Montero possède le don particulier de transmettre en piste son plaisir d'être là.

Florent

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