dimanche 26 janvier 2020

L'afición de Paul Ricard


La fin du mécénat de la société Pernod-Ricard au bénéfice de l'Union des clubs taurins Paul Ricard a récemment été largement commentée. On a pu lire une quantité surprenante d'articles à ce sujet. Beaucoup de commentaires, et beaucoup d'inepties aussi.

Mais en fin de compte très peu de choses sur le coeur du sujet, qui pourtant ne devrait pas être éludé ou oublié. C'est le lien entre Paul Ricard et la tauromachie. Car Paul Ricard, décédé en 1997, était aficionado.



À l'entrée des arènes de Méjanes, en Camargue, figure son portrait au-dessus de la porte principale. Ce n'est pas un hasard, car celui qui créa son propre pastis au début du vingtième siècle pour être ensuite à la tête d'une entreprise d'immense envergure, a beaucoup donné pour la tauromachie.

Si Paul Ricard a été mécène dans de nombreux domaines, la contribution à la tauromachie est énorme. Corrida, course camarguaise, et aussi course landaise.

Sur les terres du domaine de Méjanes, où existe aujourd'hui encore une manade avec des taureaux de course camarguaise, il y eut aussi des toros destinés aux corridas. Puisque Paul Ricard fut ganadero. Dans les années 50, en compagnie du gardian et rejoneador Charles Fidani, il alla au Portugal chez Emilio Infante da Cámara pour acheter des toros et des vaches afin de constituer son propre élevage. La première tienta se fit par ailleurs avec le gendre de Paul Ricard, la figura vénézuélienne César Girón.



À la même époque, les arènes du domaine de Méjanes furent inaugurées, en 1955. Dans un cadre splendide, près de l'étang de Vaccarès. Des arènes quasiment voisines du Mas du Carrelet, où sont toujours aujourd'hui les toros de la ganadería Blohorn, car il ne faut pas perdre de vue le fait que la Camargue est une région très taurine.

Et pour la petite histoire, Méjanes n'est pas la seule arène de la famille de Paul Ricard, puisqu'il en existe une autre, située sur l'île des Embiez, dans le Var.

Les arènes de Méjanes, elles, ont accueilli un grand nombre de corridas, de novilladas, de festivals et de corridas à cheval. Avec une spécialisation et une réputation pour les corridas à cheval, car le prestigieux trophée du Rejón d'or est encore disputé chaque année au mois de juillet. Absolument tous les grands cavaliers du toreo à cheval y ont un jour participé.



De par sa famille, Paul Ricard était très lié à la tauromachie. Deux de ses gendres ont fait carrière dans l'arène. Le plus connu, c'était César Girón, le grand torero vénézuélien, décédé accidentellement à l'âge de 38 ans en 1971. Le second étant le rejoneador Fermín Díaz. Il y eut aussi un autre rejoneador dans la famille, le sévillan Antonio Ignacio Vargas, qui épousa quant à lui une petite-fille de Paul Ricard.



Quant aux actions de Paul Ricard en faveur de la tauromachie, on pourrait citer de nombreux exemples. Parmi les plus notables, il y eut la réouverture des arènes d'Alès en 1966 tandis que celles-ci étaient à l'abandon pour la chose taurine et servaient de dépôt à charbon.



Alors, sans même entrer dans des considérations économiques, ne serait-ce que dissocier le nom de Paul Ricard de la tauromachie, ce qui est le cas aujourd'hui, c'est un sacré contresens historique.



Florent

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