vendredi 27 mars 2020

Arènes en bois des Landes

Celui qui prétend qu'il n'existe pas de tradition taurine en France, et qu'il s'agit d'une pure invention des défenseurs de la tauromachie, commet une lourde erreur. Un déni.
Sans s'éloigner, on s'aperçoit que la Gascogne est l'une des régions au monde où la densité d'arènes est la plus forte. Plein de villes et villages ont leur propre arène, et y donnent une ou plusieurs fois dans l'année des courses landaises, des corridas ou des novilladas.
Et parmi ces arènes, surtout dans les Landes, pas mal d'entre elles sont construites en bois.
Il y a encore quelques années, l'aficionado pouvait faire la trilogie des arènes en bois à la fin du mois d'août. Avec tout d'abord une novillada à Roquefort autour du 15 août, puis les novilladas sans picadors de Rion-des-Landes la semaine suivante, et enfin Saint-Perdon le dernier dimanche d'août.
Hélas, la trilogie a été rompue avec l'incendie accidentel qui a emporté les coquettes arènes André Ducournau de Saint-Perdon en juin 2009. Rectangulaires et intégralement en bois, elles étaient magnifiques, comme on le remarque sur la photo de Laurent Larroque prise en 2008, et qui plus tard avait été utilisée pour une affiche commémorative. Depuis, les organisateurs de La Muleta de Saint-Perdon poursuivent courageusement dans la même lignée, et continuent à proposer leurs novilladas, cette fois aux arènes du Plumaçon à Mont-de-Marsan. Ce déplorable incendie est la preuve de la fragilité de ces arènes, qu'il convient absolument de protéger.
Celle de Roquefort est surnommée "Monumental des Pins", avec une tradition de novilladas sérieuses, et des heures brillantes dans ce nouveau siècle grâce à l'élevage de La Quinta qui y a remporté bien des succès. À Rion, dont l'arène est en grande partie en bois, la ganadería salmantine de Valdefresno est une habituée, si bien que la grande porte des arènes porte le nom du ganadero Nicolás Fraile.
Le point commun de toutes ces belles arènes est de posséder des gradins couverts.
Et il existe d'autres endroits où l'on retrouve des arènes au coin du bois, de la gigantesque forêt des Landes de Gascogne. Comme à Brocas-les-Forges, où la superbe placita est située près d'un cours d'eau. S'il y a eu des corridas, novilladas et festivals à Brocas, il est dommage qu'il n'y ait pas de date fixe dans le calendrier.
Dans de nombreux villages, il arrive de tomber sur une tribune esseulée, parfois en bois, et où le reste de l'arène est agrémenté pour le jour de la course landaise.
Des arènes construites en bois, on en retrouve également à Bascons – village qui possède deux arènes –, à Morcenx, ou encore à Estang, dans le Gers, et quasiment limitrophe avec le département des Landes. Beaucoup d'arènes en bois, pour des raisons différentes que Saint-Perdon, ont malheureusement disparu elles aussi du panorama avec les années.
Mais, chose rassurante, il en existe toujours, et on compte bien les voir préservées dans le temps.
Un pied de nez au destin veut que la tauromachie soit souvent décriée par des partis politiques qui s'autoproclament écologistes. Pourtant, à bien y regarder, les courses qui sont célébrées dans des arènes en bois, aussi bien les corridas avec des toros de race brave, que les courses landaises avec les vaches, qui supposent à chaque fois des animaux issus d'élevages extensifs, ont un potentiel écologique non négligeable. Avec un immense respect de l'environnement.

Florent





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