jeudi 5 mars 2020

Tabagisme et or

Pour l'aficionado qui a récemment arrêté de fumer et qui est parvenu à surmonter les premières étapes, la plus dure est d'envisager le premier jour de corrida sans tabac. Long, sans fin.
Parce que les toros sont liés à la belle saison, et un jour de course pour un fumeur, c'est encore différent du quotidien.
Mais avec de l'entraînement, on finit par y arriver, à oublier et faire abstraction.
Du fait de la constante montée des prix du tabac, il semble qu'il y ait une volonté politique de faire disparaître la cigarette de la société, et de l'éradiquer par le moyen le plus dissuasif qui soit : le prix.
Il y a des domaines dans lesquels elle a historiquement été très présente. Comme au cinéma. Dans une moindre mesure maintenant, même si dans les films de certains réalisateurs, comme Tarantino, on retrouve encore des acteurs qui clopent sans discontinuer.
Il faut rappeler aussi qu'il n'y a pas longtemps encore on fumait sur les plateaux télé.
La tauromachie est un domaine qui reste très lié au tabagisme. Certainement le fait d'une tension pouvant culminer à un haut degré. Cigares, cigarettes.
Parmi ceux qui reviennent le plus souvent, on dit que l'un des plus beaux costumes pour un torero est celui de couleur tabac et or. Et puis, le midi, on effectue toujours le tirage au sort des toros avec du papier à cigarettes.
Il y a chez les toreros des fumeurs célèbres. C'était le cas d'Antonio Chenel "Antoñete", qui fumait énormément. Jusqu'à quatre voire cinq paquets par jour. Il disait que c'était son vice, au même titre que sa passion pour la tauromachie. Il déclarait avoir voulu commencer car dans sa jeunesse il avait un jour vu Manolete fumer.
On n'imagine pas en 2020 un sportif de haut niveau allumer une cigarette avant une compétition et sans même se dissimuler des regards ou des caméras. Il y a comme une barrière, un interdit, entre le tabac et la performance physique.
En tauromachie, en revanche, on peut remarquer encore beaucoup de toreros, banderilleros ou picadors, une cigarette à la bouche, avant ou après un combat.
Ceci est une discipline à risque. Avec l'incertitude, il faut apprécier cette cigarette, car cela pourrait être la dernière. Comme celle du condamné.
Il conviendrait de faire une exposition d'images de toreros fumant avant d'entrer dans l'arène. Car elles offrent une vision à la fois belle, archaïque et puissante.

Florent

1 commentaire:

  1. Salut Florent
    A propos d Antonete j ai lu quelque part qu il était surnommé dans le mundillo "el cenicero". Patrick Sabatier 13300

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