vendredi 10 avril 2020

Séville... Plaza Monumental

 Déambuler dans une rue quelconque à proximité du centre de Séville, et se dire que l'on pourrait sans problème y vivre. Là plus qu'ailleurs. Faut le reconnaître sous forme d'euphémisme, ça doit quand même être pas mal, a fortiori si tu aimes l'Andalousie, les bêtes à cornes, et ceux qui les affrontent.
Cette année, on célèbre le centenaire de la mort de Joselito El Gallo. Un centenaire qui risque d'être contrarié pour les raisons que l'on connaît. Tué par un toro le 16 mai 1920 à Talavera de la Reina, Joselito inspire, fascine et émerveille toujours.
Roi des toreros. Il y a beaucoup de poésie dans cette histoire. Il n'avait que vingt-cinq ans, mais pourtant une aura extraordinaire. On le remarque dans les images d'époque, ou à sa sépulture au cimetière de San Fernando au Nord de Séville. Et puis, son impact a tellement été fort sur l'Histoire de la tauromachie que chaque 16 mai, de nos jours encore, on respecte une minute de silence au paseo dans toutes les arènes qui donnent une course, après avoir défilé au son de "Gallito".
L'arène de Joselito à Séville, c'était la Monumental, dont il ne reste aujourd'hui qu'une porte, située avenue Eduardo Dato. Une arène dont il était le promoteur, de 23.000 places, mais qui eut une existence éphémère et ne survécut pas longtemps à la disparition du torero. Pour preuve, inaugurée en 1918, fermée en 1921, et détruite en 1930.
Elle était située à moins de deux kilomètres de la Real Maestranza. Il faut imaginer cela dans le contexte de l'époque et la concurrence que cela pouvait forcément engendrer.
Une nouvelle arène avec pratiquement le double de capacité de la Maestranza. Joselito disait que cela pouvait faire venir plus de monde, et à un moindre coût, rendant ainsi la tauromachie plus populaire et attractive.
Il existe un très beau livre qui a récemment été édité à propos de cette gigantesque arène qu'était la Monumental de Séville.
Et c'est à cette même période qu'ont été érigées bon nombre des plus vastes arènes d'Espagne que l'on connaît aujourd'hui. Las Ventas à Madrid en 1931, Pamplona en 1922, Barcelone en 1916, Palma de Mallorca en 1929, Granada en 1928, etc.
Quant à la Monumental de Séville, impulsée par Joselito, elle avait de quoi faire de l'ombre à la Real Maestranza. Un siècle plus tard, cela n'a visiblement toujours pas été pardonné, puisqu'il n'y a pas eu d'évocation de Joselito sur l'affiche des corridas de 2020 à la Maestranza.
Son passage et son héritage fascinent encore les aficionados. À jamais considéré comme Roi des toreros. Il n'avait pourtant que vingt-cinq ans.

Florent





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