jeudi 2 avril 2020

Séville... Real Maestranza

L'arrivée du printemps donne forcément envie de s'épargner la vue de ce calendrier taurin 2020 défiguré et endolori.
Repère parmi les repères du début de saison, la feria de Séville. Au cas où tu ne serais pas au courant, quand s'enchaînent jour après jour les paseos à 18 heures 30 au son de "Plaza de la Maestranza", c'est que la temporada a commencé pour de bon !
Mystérieuse Real Maestranza de Séville, dont on ne se lasse jamais et découvre toujours quelque chose, une particularité, un détail.
Séville a une forte préférence pour les vedettes, et c'est ainsi qu'est structurée la feria. Certaines absences toutefois sont regrettables. Comme par exemple celles d'élevages régionaux. Et déjà, sans même sortir de la province de Séville, il y a du choix en la matière.
On aime cette arène, ce monument, ses coulisses. Et regarder des images d'avant permet de montrer les différentes phases de la construction de l'édifice. La Giralda en toile de fond, la forme bizarroïde de cette piste avec l'impossibilité de faire un cercle exact à cause de constructions aux alentours.
La Maestranza de Séville se démarque aussi de par son chauvinisme, ou encore de cette gigantesque porte de toril qui fait sensation lorsqu'elle s'ouvre.
Une arène où couper deux oreilles et sortir en triomphe par la porte des cuadrillas peut être une bonne performance, mais avant tout une énorme frustration, car cela signifie que la porte la plus convoitée, celle du Prince qui donne sur le Guadalquivir, est restée fermée. Il faut dorénavant trois oreilles pour sa conquête, bien que cela n'ait pas toujours été historiquement le cas.
Peu doivent être les toreros qui n'ont jamais rêvé d'une sortie en triomphe par la Porte du Prince, sous les deux mystérieux hublots.
Voir une course à Séville fait envie même hors feria, même une novillada avec des inconnus à l'affiche un dimanche où le soleil andalou cogne très fort.
Il y a aussi l'espoir de ne pas tomber pile derrière un pilier quand on a pris une place en haut, aux gradins couverts.
Et puis, il y a ces silences de la Maestranza, paraît-il moins marqués qu'en d'autres temps. Souvent, ils sont seulement percés par le bruit des clarines, reconnaissables entre mille.
Et l'arrivée des toreros par la Calle Iris. Les idoles d'autrefois, de maintenant et du futur. Forcément, avec son somptueux triomphe de l'an passé, Pablo Aguado y sera toujours plus attendu que d'autres. Avec énormément de ferveur.
Chez nous, les arènes qui un jour ont désiré se forger une réputation de "Séville française" ne sont pas rares. Forcément, cela fait envie et ne laisse jamais indifférent. Mais Séville est unique, à l'image de sa Maestranza. Et il n'y a guère de place pour de pâles copies.

Florent





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