vendredi 8 mai 2020

Manolo Vanegas

J'aime bien cette photo de Mélanie Huertas, captant un sourire qui retranscrit pleinement l'état d'esprit de ce torero. Manolo Vanegas, un torero jeune, courageux, prometteur et ambitieux.
Dans ce costume turquoise et noir, il fait ce jour-là un tour de piste avec un trophée aux arènes de Saint-Martin-de-Crau, après avoir combattu un toro de Fernay. C'était en avril 2018, il y a deux ans.
Et il est terrible de se dire que ce fut à ce jour la dernière corrida de Manolo Vanegas.
Lui qui, comme tant d'autres compatriotes vénézuéliens venus au fil des décennies en Europe pour s'illustrer, fut grièvement blessé quelques semaines à peine après cette corrida de Saint-Martin. Une blessure en s'entraînant en privé dans les arènes de Ledesma, et qui le laissa paralysé. Quelle stupeur fut la nôtre en apprenant cette nouvelle.
Jusque là, Manolo Vanegas avait réalisé un parcours remarquable, souvent dans l'adversité de novilladas et de corridas où peu sont ceux qui se bousculent pour être à l'affiche. Mais Vanegas, avec sérénité, a montré que dans ce créneau il avait les capacités physiques et techniques pour y parvenir. Un torero tout terrain, dont l'afición ne peut que se réjouir de le voir au cartel.
En 2017, il avait connu la douleur de perdre son mentor Philippe Cuillé, quelques semaines à peine avant son alternative aux arènes de Vic-Fezensac. Et pour une alternative, la barre était très haute, avec une corrida d'Alcurrucén de toute première catégorie en présentation, avec des toros âgés, et un lot âpre pour Vanegas. Mais le vénézuélien s'en est parfaitement sorti. Tout comme ensuite à Orthez face à une corrida du Curé de Valverde et à Mont-de-Marsan avec les Victorino Martín.
Un très joli début de carrière, et en prenant son temps. A l'intersaison, avant que ne commence 2018, il avait même déclaré qu'il serait trop tôt cette année-là pour aller confirmer l'alternative à Madrid. Et c'est bien, car c'est signe de lucidité, de patience, quand bien d'autres hélas sont tentés de brûler les étapes.
Après avoir toréé au Venezuela, on avait vu Manolo Vanegas remarquable de sang-froid et de courage à Aignan face à un toro de Concha y Sierra. Après cela, il y eut Saint-Martin-de-Crau... puis cette blessure si terrible et si handicapante.
Conforme à ce qu'il incarne dans l'arène, Manolo Vanegas combat depuis les séquelles de cette blessure comme un grand maestro. Et avec énormément de force.

Florent

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