jeudi 9 juillet 2020

Convictions

On dit souvent du Portugal qu'il est en tauromachie un pays de grands banderilleros. Et le maestro Mario Coelho, décédé dimanche dernier, est en grande partie contributeur de cet héritage.
Une énorme et impressionnante carrière, de banderillero tout d'abord, qui le vit même sortir en triomphe alors qu'il n'était que subalterne, pour ensuite devenir torero et prendre l'alternative en 1967. Les hauts faits à raconter à son sujet sont très nombreux.
De son vivant, il avait même vu ériger en octobre 2019 dans sa commune de Vila Franca de Xira une statue lui étant dédiée.
À une époque où l'on assiste à la volonté de plein d'interdits de la part de certaines idéologies, on doit absolument rappeler ce que fit Mario Coelho.
En septembre 1984 à Moita, près de Lisbonne, il partageait l'affiche avec El Niño de la Capea et Paco Ojeda face à des toros d'Ernesto de Castro. Une corrida avec picadors (chose inhabituelle au Portugal), mais sans mise à mort, car estoquer les toros est interdit là-bas depuis la fin des années 20.
Après avoir réalisé une grande faena face au toro "Corisco", Mario Coelho, qui s'était muni d'une épée de vérité, leva cette dernière et porta l'estocade, bravant ainsi l'interdit.
Peu importe l'amende ou la sanction. Il fut même célébré et porté en triomphe. Plus tard, il s'expliqua en affirmant que "matador de toros" était son métier, et qu'il était incompréhensible de pouvoir estoquer les toros dans tous les pays taurins sauf le sien, le Portugal.
L'honneur d'un maestro, en parfaite connaissance de sa profession, et du rite taurin, car le toro brave doit mourir dans l'arène et non pas en coulisses.

Florent

1 commentaire:

  1. Excellente anecdote!Dommage que beaucoup d autres n ont pas suivi son exemple. Patrick Sabatier 13300

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