vendredi 17 juillet 2020

Touchons du bois

Impossible de bouder son plaisir à l'idée de retrouver les gradins d'une arène. Qu'il s'agisse d'une corrida, d'une novillada ou d'un festival. Sous ce beau soleil de juillet, il y avait de quoi être content ce mardi dans la coquette plaza en bois de Brocas-les-Forges.
Déjà, cela faisait plaisir de voir déjoués les pronostics des hypocondriaques de la critique taurine qui durant tout le printemps n'ont pas cessé d'asséner lieux communs et phrases toutes faites commençant par "il n'est pas envisageable" ou encore "les gens n'auront pas la tête à aller aux arènes". En se référant aux seuls propos de ceux-là, rien n'aurait été possible avant 2021, pour ne pas dire 2034 ou 2035.
Ensuite, que l'activité taurine reprenne permet également de tourner une page et de voir autre chose que les réseaux sociaux pollués par des discussions d'un niveau aussi bas que celles d'un forum Doctissimo. La vacuité.
Et puis, une réjouissance qui n'est pas des moindres, par rapport aux opposants à la tauromachie. A ceux dont le raisonnement intellectuel médiocre laissait penser que le coronavirus allait être une fenêtre d'opportunité pour en finir avec une tradition et la passion d'une population, car la quantité de gens s'intéressant à la tauromachie peut très objectivement être considérée comme une population.
Ce mardi 14 juillet à Brocas, étaient à l'affiche trois toros et un novillo de Malabat pour Cristian Escribano (qui remplaçait Alberto Lamelas blessé lors d'un entraînement), et les novilleros Yon Lamothe et Solalito. Le matador Clemente a refusé de toréer le jour-même, tandis que le jeune becerrista Tristan Barroso a affronté en cinquième position et au simulacre un exemplaire de Dargelos.

Un symbole que cette temporada bien mal engagée reprenne au cours d'une belle journée d'été dans les arènes de Brocas, et avec la ganadería de Malabat.
Comment ne pas penser à l'ami Florian Greck, qui avait été le président de la Peña Cardinero (du nom d'un semental de cet élevage), avec pour but de promouvoir cette petite ganadería ainsi que les encastes rares. A quelques jours de ce qui aurait dû être le début de la Madeleine, et en empruntant cette route de Brocas-les-Forges, impossible de ne pas y penser.
Concernant la course, ce fut un après-midi à l'ambiance bon enfant, adaptée aux circonstances. Si les pensionnaires de la ganadería locale de Malabat ont souvent manqué de puissance, le premier d'entre eux, âgé de cinq ans, a été le plus intéressant, car il est allé a más au cours du combat. C'est le toro du lot qui possédait le plus de transmission et qui a eu le meilleur final. Cristian Escribano, qui a finalement dû combattre deux toros, fit un tour de piste à l'un et obtint une oreille à l'autre, Yon Lamothe fit une vuelta, et Solalito reçut un trophée.
Lors de cet après-midi là reprenait en France et dans une arène publique la temporada 2020. Touchons du bois, que cela continue.

Florent

Aucun commentaire:

Publier un commentaire